Népal-Tibet : une crue dévastatrice fait au moins 180 morts et plus de 1 000 disparus
Népal-Tibet : crue meurtrière, 180 morts et 1 000 disparus

Une crue spectaculaire et dévastatrice a frappé la frontière entre le Népal et le territoire chinois du Tibet, ce mercredi 26 août, provoquant la mort d'au moins 180 personnes et la disparition de plus d'un millier d'autres, selon les autorités locales. L'effondrement d'un glacier, qui a généré un séisme de magnitude 5,2, est à l'origine de cette catastrophe, d'après l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS).

Un torrent d'eau et de boue dévale les vallées himalayennes

Mercredi matin, un puissant torrent d'eau, de boue et de débris a dévalé à grande vitesse les deux côtés de la frontière montagneuse. Une caméra de surveillance installée côté chinois a filmé une vague marron de plusieurs mètres submerger et engloutir en quelques secondes un bâtiment d'une demi-douzaine d'étages, tandis que des personnes tentaient de fuir en courant. Au Népal, la vague a déferlé sur les localités situées dans la vallée des rivières Trishuli (district de Nuwakot, au nord de Katmandou) et Bhotekoshi (à l'est de la capitale).

Dans un premier temps, les autorités chinoises avaient évoqué un glissement de terrain, tandis que les autorités népalaises parlaient d'inondations. Les sauveteurs poursuivent leurs efforts ce jeudi dans des conditions difficiles pour tenter de retrouver plus de 1 300 disparus, dont quatre Français.

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Effondrement glaciaire et séisme : les causes de la catastrophe

Selon l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS), la crue a été provoquée par un effondrement de glacier, d'une violence telle qu'il a provoqué un séisme de magnitude 5,2 et des glissements de terrain. L'USGS a d'abord relevé un tremblement de terre de magnitude 4,4, ensuite réévalué à 5,2. L'institut a finalement établi « que cet événement sismique était dû à un effondrement glaciaire et à une coulée de débris qui ont entraîné des conséquences catastrophiques en aval », d'après son site internet.

Plus tôt, le ministre des Affaires étrangères du Népal, Shishir Khanal, avait avancé qu'un tremblement de terre avait probablement provoqué un glissement de terrain, ce qui a bouché le lit d'une rivière, provoquant cette crue dévastatrice en aval. La topographie extrême de l'Himalaya a aggravé les risques.

S'il est encore trop tôt pour établir un lien définitif avec le changement climatique, les conséquences largement documentées qu'il peut avoir sur le « toit du monde », notamment les débordements de lacs glaciaires, augmentent la probabilité de tels événements. « Nous savons à quoi ressemblent les tendances du changement climatique dans l'Himalaya. Nous avons des certitudes quant à l'augmentation des vagues de chaleur, au recul des glaciers, à la réduction du permafrost, ce genre de phénomènes qui peuvent, par exemple, provoquer des glissements de terrain et des crues soudaines », détaille Dorothy Heinrich, chercheuse à l'Université britannique de Reading, auprès de l'AFP.

Bilan humain : 180 morts et plus de 1 300 disparus

Selon des bilans officiels encore très provisoires, le puissant mur d'eau et de boue a coûté la vie à 177 personnes côté népalais et à 3 autres dans le territoire chinois voisin du Tibet. Plus d'un millier de personnes sont portées disparues, dont nombre de touristes étrangers au cœur de l'Himalaya, « toit du monde » prisé des randonneurs et alpinistes. Vingt-quatre heures après son passage, les autorités népalaises sont sans nouvelle de 823 personnes, dont 393 étrangers, selon un décompte de l'autorité népalaise en charge des situations d'urgence.

De l'autre côté de la frontière, les médias d'État chinois ont rapporté que 558 personnes, dont 260 étrangers, étaient toujours disparues après le passage des « torrents de boue » qui ont enseveli Gyirong Port. Parmi les touristes étrangers dont les autorités sont sans nouvelles, quatre sont Français. Selon le ministère des Affaires étrangères français, 80 ressortissants ont signalé leur présence au Népal, mais d'autres Français de passage peuvent aussi « être présents dans les zones touchées ». Leur sort n'était pas connu pour l'heure.

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Parmi les ressortissants étrangers disparus figurent notamment 178 Indiens, 65 Américains, 53 Ukrainiens, 51 Malaisiens, 33 Britanniques, 25 Canadiens, 15 Australiens et 12 Israéliens, selon le bureau népalais du tourisme.

Aide internationale et réactions

Des moyens d'aide internationaux ont commencé à être envoyés dès mercredi au Népal. Les États-Unis se sont engagés à verser 500 000 dollars (environ 429 000 euros) d'aide d'urgence. La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) a débloqué un peu plus d'un million d'euros de fonds d'urgence. L'Union européenne a indiqué avoir activé son système de surveillance par satellite, Copernicus, pour aider les secouristes au Népal, et s'est dite prête à fournir davantage d'aide. L'Inde voisine a envoyé 10 tonnes d'aide humanitaire, incluant des couvertures, des lampes solaires et des médicaments.

De son côté, le Dalaï Lama a affirmé ce jeudi qu'il priait pour toutes les victimes de la crue. « Je prie pour tous ceux qui ont perdu la vie et offre ma sympathie et mes sincères condoléances à toutes les personnes en deuil et affectées par la tragédie », a indiqué le chef spirituel tibétain en exil dans une déclaration, espérant que des mesures seraient prises pour « éviter que de tels désastres se reproduisent ».