Népal et Chine : plus de 900 morts et 4 700 disparus après la crue
Népal et Chine : 900 morts, 4 700 disparus après la crue

Le bilan des crues dévastatrices au Népal et en Chine s'est encore alourdi lundi, atteignant plus de 900 morts et 4 700 disparus. Provoquée mercredi par la rupture d'un glacier dans l'Himalaya, la catastrophe mobilise des sauveteurs internationaux qui recherchent notamment 100 ouvriers piégés.

Un bilan provisoire de 919 morts et des milliers de disparus

Selon les autorités locales, le bilan provisoire s'établit à 919 morts (903 au Népal, 16 au Tibet) et plus de 4 700 disparus. Au Népal, les secours tentent d'accéder au site de Trishuli-3 où une centaine d'ouvriers sont bloqués dans un tunnel, tandis que les survivants évacués sont pris en charge dans les hôpitaux de la capitale, Katmandou.

Face à l'accumulation de dépouilles à la morgue de Bharatpur, au sud du Népal, les autorités ont débuté dimanche des inhumations provisoires après prélèvements ADN afin d'éviter tout risque sanitaire.

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Les secours à la recherche de survivants

Dans des conditions périlleuses et sous la menace permanente d'une nouvelle montée des eaux, les sauveteurs redoublent d'efforts pour tenter d'arracher d'éventuels survivants à la mer de boue qui a enseveli cette région isolée de l'Himalaya. La police népalaise a partagé l'histoire du sauvetage miraculeux, vendredi, d'une fillette de 6 ans.

"Nous l'avons retrouvée sous les décombres, seule sa tête émergeait", a déclaré à l'AFP un de ses officiers, Bahadur Karki. "Elle est aujourd'hui hors de danger et se remet dans un hôpital entouré de sa famille".

Malgré leurs efforts, les autorités népalaises ne sont toujours pas parvenues lundi à entrer en contact avec une centaine d'ouvriers qu'elles pensent prisonniers d'un tunnel sur un chantier de la région sinistrée. "Les opérations de secours et de recherche continuent sur le site de Trishuli-3", a rapporté l'armée népalaise dans son dernier point de situation.

Un désastre en cours

"Notre pays est confronté à un désastre naturel d'une ampleur inimaginable et déchirant", a déclaré le Premier ministre népalais Balendra Shah, "mais nous avançons avec détermination pour protéger la vie des citoyens".

Les sauveteurs continuent à "évacuer, l'eau et les débris" du tunnel, utilisant explosifs et engins d'excavation. D'autres opérations sont en cours dans des tunnels de la même vallée, sur le site de centrales hydroélectriques ou de construction de barrages. Elles ont permis de retrouver les corps de trois victimes, selon l'armée.

Plusieurs dizaines de militaires, policiers et guides népalais sont à l'œuvre jour et nuit sur ces sites difficiles d'accès, assistés de spécialistes venus d'Inde, de Chine et de Corée du Sud. Hospitalisé dans la capitale Katmandou, un employé de la centrale hydroélectrique Upper Trishuli, Shibu Giri, 44 ans, a décrit lundi à l'AFP comment il a échappé miraculeusement à la vague qui a tout submergé.

"C'était comme un tsunami, avec un bruit énorme et un énorme nuage de poussière", a-t-il indiqué. "Nous nous sommes enfuis sur les hauteurs, on ne voyait plus rien, j'ai vraiment cru que je ne m'en sortirai pas".

Côté chinois, les secouristes explorent avec les mêmes difficultés le cœur de la zone sinistrée au Tibet, notamment le poste-frontière de Gyirong dont le bâtiment a été entièrement effacé par les eaux. Experts et scientifiques attribuent la crue dévastatrice de mercredi à l'effondrement d'un énorme glacier, qui a transformé une paisible rivière en un fleuve en furie.

Les dégâts se chiffrent en milliards de dollars

Selon les derniers bilans officiels encore très provisoires, un total de 919 corps – 903 côté népalais, 16 sur le versant tibétain – ont été exhumés. Les rotations incessantes des hélicoptères et les patrouilles des sauveteurs ont permis d'évacuer des milliers de victimes, mais les autorités des deux pays restent encore sans nouvelles de près de 5 000 personnes – 4 247 au Népal et 546 en Chine. Parmi elles figurent des centaines d'étrangers, touristes, pèlerins ou ouvriers.

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Six jours après la catastrophe, les familles de ces disparus continuent de se presser dans les hôpitaux et morgues de tout le Népal en quête d'information sur leurs êtres chers. C'est notamment le cas à Bharatpur, dans le sud du Népal, où la puissance des flots a déposé quelque 250 cadavres à plus d'une centaine de kilomètres en aval du désastre. Dans un bâtiment, les proches sont invités à tenter de les identifier sur des images vidéos. Un long et difficile travail mené sous la pression du temps.

Alors que la morgue de Bharatpur déborde de dépouilles, les autorités ont commencé dimanche à en enterrer certaines sans même attendre l'identification des dépouilles, pour des raisons sanitaires. Ces inhumations ont lieu après prélèvement d'un échantillon ADN, ont précisé les autorités, et à titre provisoire pour les victimes de confession hindoue. Leurs familles pourront ensuite, après identification formelle, les exhumer et les incinérer comme le veut la tradition. "De nombreux corps ont été récupérés et ils ont commencé à se décomposer", a justifié un responsable du ministère des Affaires étrangères, Amrit Bahadur Rai.

Aucune évaluation précise des dommages n'a encore été réalisée mais les dégâts se chiffrent probablement en "milliards de dollars", a déjà avancé le gouvernement du Népal, confronté à sa catastrophe la plus meurtrière depuis le tremblement de terre de 2015. "C'est un désastre en cours", a résumé pour l'AFP Abiodun Banire, de l'antenne népalaise du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).