Népal : le bilan de la crue monte à 750 morts et 3.044 disparus
Népal : crue meurtrière, 750 morts et 3.044 disparus

Quatre jours après la crue dévastatrice survenue au Népal, le bilan est passé à 750 morts et 3.044 personnes portées disparues. Les opérations de secours se poursuivent difficilement ce dimanche 30 août 2026, entravées par de fortes pluies et la montée des eaux.

Des opérations de secours entravées par les conditions météorologiques

Les secours sont confrontés à de nombreux dangers : routes impraticables, communications détruites et risque d'un nouveau déchaînement naturel. Les autorités népalaises ont appelé à la « prudence », s'inquiétant d'une augmentation du débit de la rivière Bhotekoshi, dans le district de Rasuwa. La montée des eaux et les pluies ont en outre « inondé la zone de recherche » d'ouvriers bloqués dans un tunnel, a indiqué dimanche l'armée népalaise.

Selon le gouvernement, plus de 100 ouvriers pourraient être encore en vie dans des tunnels de chantiers de barrage hydroélectrique. Sur le site de Trishuli 3A, les équipes de secours de l'armée avaient réussi samedi soir à percer un passage pour laisser passer l'oxygène, espérant ensuite envoyer une équipe.

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Un bilan humain lourd et des disparus par centaines

Selon les bilans officiels encore très provisoires dimanche, un total de 750 corps - 734 côté népalais, 16 sur le territoire chinois du Tibet - ont été exhumés depuis mercredi de l'épaisse couche de boue et des décombres des bâtiments, routes, ponts et chantiers balayés par la vague. Les autorités peinent à retrouver la trace de plus de 3.000 personnes - 2.498 au Népal et 546 côté chinois - dont elles sont sans nouvelles depuis mercredi.

Parmi les disparus figurent des centaines de touristes, de pèlerins qui se rendaient sur le mont sacré Kailash au Tibet et d'ouvriers étrangers, ainsi qu'un nombre toujours croissant d'habitants des villages dévastés. L'espoir des proches des disparus s'amenuise au quartier général de campagne des secours népalais, à Bidur. « Cela fait déjà plus de trois jours », a constaté samedi auprès de l'AFP Rishi Shrestha, sans nouvelles de son cousin. « Il y a 99 % de risques pour qu'il ne soit plus en vie ».

Un coût de reconstruction estimé à plusieurs milliards de dollars

Le ministre népalais des Affaires étrangères a estimé à « plusieurs milliards de dollars » le coût de la reconstruction, et fait appel « au soutien de la communauté internationale ». Après l'Union européenne notamment, les États-Unis ont annoncé samedi débloquer 3,6 millions de dollars d'aide humanitaire pour le Népal, y compris sous forme d'aide alimentaire d'urgence pour les habitants de la zone.

Des milliers de secouristes chinois sont à pied d'œuvre pour se frayer un chemin vers le cœur de la zone dévastée, certains devant être hélitreuillés par des drones. Côté chinois, l'importante retenue d'eau qui s'était formée en amont du poste-frontière de Gyirong, à 1.830 m d'altitude, présente désormais « un écoulement naturel normal », a précisé samedi soir l'agence de presse Chine nouvelle, citant le ministère chinois des Ressources en eau.

Le changement climatique pointé du doigt

Experts et scientifiques attribuent la catastrophe à l'effondrement d'un énorme glacier qui a transformé, en un instant, une paisible rivière en un fleuve en furie. « Le réchauffement climatique provoqué par la combustion par l'humanité de quantités colossales de charbon, de pétrole et de gaz, rend des tragédies comme celle-ci, et tant d'autres à travers le monde, beaucoup plus probables, fréquentes et graves », a alerté Simon Stiell, responsable de l'ONU Climat, dans un communiqué.

« Le Népal émet moins de 0,01 % des gaz à effet de serre, mais nous, le peuple népalais, sommes parmi les principales victimes du changement climatique », a séparément souligné Shisir Khanal, ministre des Affaires étrangères du pays. Le bureau du Premier ministre népalais a indiqué que les équipes de secours avaient travaillé toute la nuit. « Les gens veulent absolument retrouver leurs proches, morts ou vifs, mais on n'y arrive pas […] Regardez toute cette boue », a confié à l'AFP un secouriste de la sécurité civile népalaise, Kawan Koirala, après 18 heures de travail sans interruption. « C'est très perturbant pour moi aussi. C'est la première fois que je vois ça ».

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