Alors que les incendies ravagent le Var, notamment à Taradeau et Les Arcs où 200 hectares de bois ont brûlé et une dizaine de maisons ont été endommagées, les sinistrés sont confrontés à la perte de leurs biens. France assureurs a annoncé la prolongation du délai de déclaration de sinistre jusqu'au 31 août, contre cinq jours habituellement. Les experts livrent leurs conseils pour être indemnisé au plus vite.
Ne rien jeter et tout photographier avant l'arrivée de l'expert
Le premier réflexe à avoir est de ne pas toucher aux biens endommagés. « Il faut éviter de jeter jusqu'à l'arrivée de l'expert, ne pas nettoyer non plus et faire un maximum de photos », rappelle Stéphanie Barreau, directrice Initiatives Europe chez Sedgwick France, qui accompagne les assureurs dans le traitement des dossiers. Cette recommandation vaut pour tous les objets, même ceux qui semblent irrécupérables. Les photos permettent de documenter l'état des lieux et de faciliter l'évaluation des dommages.
Déclarer le sinistre rapidement auprès de son assureur
Patricia Lassault, agent d'assurance pendant près de quarante ans et aujourd'hui courtier à Toulon, insiste sur la nécessité de contacter son assureur sans délai. Un simple appel téléphonique, un message via l'application ou un courriel suffisent pour ouvrir un dossier. « Il vaut mieux s'assurer que toutes les pièces sont fournies, plutôt que de le faire à la va-vite, afin de bénéficier d'un traitement rapide ensuite », précise-t-elle. La déclaration permet de bloquer une date de référence et d'activer les garanties.
Les garanties couvertes : habitation, relogement et véhicule
La garantie incendie incluse dans l'assurance habitation indemnise les dommages directs causés par le feu, selon les conditions et limites du contrat. Elle peut également prendre en charge les frais de relogement, y compris pendant les travaux. Pour les locataires, les biens personnels sont couverts par leur propre assurance habitation, tandis que les murs relèvent de l'assurance du propriétaire non occupant, souvent via une assurance de copropriété. Les véhicules, même stationnés dans un garage ou un jardin, sont protégés par l'assurance automobile contre le risque incendie. Les occupants ayant dû évacuer leur résidence principale sur ordre des autorités, que celle-ci ait été endommagée ou non, bénéficient d'un remboursement sur factures pour une période maximale de trois semaines.
Faire l'inventaire des biens détruits et se faire accompagner
Après la déclaration, il est essentiel de dresser un inventaire précis des dégâts. « L'assuré doit se poser et faire une liste pièce par pièce de ce qu'il a perdu. Cela alimentera la discussion avec l'expert », explique Stéphanie Barreau. Rassembler les factures est idéal, mais à défaut, une liste détaillée suffit. Il est possible de se faire assister par un expert d'assuré, un professionnel indépendant spécialisé dans l'analyse des contrats et l'évaluation des dommages, « en vérifiant que c'est un bon professionnel », ajoute Patricia Lassault.
Attention aux spécificités des contrats et aux non-conformités
Olivier Audibert-Troin, agent général à Draguignan et vice-président de la Fédération des agents généraux, rappelle que tous les contrats ont leurs particularités. « Par exemple, beaucoup d'extérieurs ont été touchés et certains assurés ont fait le choix de ne pas les couvrir. Il peut y avoir aussi discussion en cas de non-conformité, lorsqu'un contrat stipule que le logement comprend trois pièces alors qu'il en compte cinq », souligne-t-il. Dans les sinistres d'ampleur, des fonds de solidarité d'assurance et les communes peuvent intervenir pour les personnes non à jour de leurs cotisations, pour des raisons économiques ou de négligence.
Des hausses de cotisations à prévoir
Les assureurs et experts sont déjà mobilisés pour fluidifier le traitement des dossiers, mais ils devront aussi expliquer aux sinistrés les hausses de cotisations à venir. « Notre autorité de tutelle, l'ACPR, vient de nous indiquer que les compagnies vont devoir revoir leurs provisions à la hausse, ce qui signifie réduction des marges et hausses des tarifs, dans un marché déjà haussier depuis quatre ans en raison du risque climatique et du RGA (risque gonflement d'argile) », analyse Olivier Audibert-Troin. Il se dit plus que jamais convaincu de la pertinence du métier d'agent général, au contact direct des sinistrés.



