Les crues du Libournais : un bilan préliminaire et une mobilisation collective
Les communes du Libournais établissent un premier bilan des crues survenues ce jeudi matin, marquées par des montées d'eau importantes et des dégâts localisés. La solidarité s'organise activement autour des riverains sinistrés, confrontés à des situations difficiles.
Des riverains impuissants face aux eaux
« Je suis parti tôt pour travailler. Je suis revenu voir les dégâts chez moi. Mais je ne peux pas y accéder… » Pour Patrick Bernard, c'est la double peine. Son commerce à Fronsac a été impacté, et sa maison de la rue du Parlement, dans le bourg de Port-du-Noyer à Arveyres, en bord de Dordogne, est probablement touchée aussi, malgré la présence de renforts et d'un portail. Comme de nombreux riverains inondés ce jeudi 19 septembre, il subit les crues sans pouvoir intervenir directement.
Il adopte une attitude philosophique : « Je n'ai rien d'autre à faire que d'attendre que l'eau descende. Nous avons l'habitude des crues ici mais pas à ce niveau. C'est la première fois que je vois ça… » Plusieurs voitures étaient encore stationnées sur le quai du Priourat, à Libourne, en dépit des avertissements répétés de la municipalité.
Une montée des eaux conforme aux prévisions
« La montée des eaux est conforme aux prévisions », affirme Philippe Buisson, maire de Libourne et président de la Cali. L'élu a inspecté les points sensibles de Libourne et note que « elle est de l'ordre de celle enregistrée en 1999, crue de référence. » Des sacs de sable ont été distribués aux résidents et commerces des quais de Libourne, en front de Dordogne et de l'Isle. Quelques maisons et chais ont pris l'eau, mais le reste était protégé grâce aux mesures préventives.
« C'est tout l'intérêt d'avoir déclenché le Plan communal de sauvegarde. De se préparer. » Ce dispositif, mis en place il y a seulement deux ans, a permis de tester son efficacité en situation réelle. Un point noir subsiste : le secteur de Condat, où l'eau a monté plus haut que prévu, soulevant des inquiétudes sur l'état de la digue. La zone a été fermée à la circulation en début de matinée en attendant un retour à la normale.
Le Fronsadais particulièrement touché
Le Fronsadais n'a pas été épargné par les inondations. L'eau a envahi les palus dans plusieurs communes, créant une situation décrite comme « la pagaille » par Marcel Durant, maire de Fronsac. Plusieurs maisons ont été inondées ce jeudi matin. Faute de bateau, les employés municipaux n'ont pu porter du sable à un couple bloqué par les eaux derrière le Centre équestre de Libourne.
« Tout était blanc ce matin, il y avait de l'eau partout », raconte Didier, un employé municipal qui, depuis mercredi, parcourt la commune pour prévenir et aider les habitants. Il pointe du doigt une maison dont les occupants ont préféré se réfugier plus haut dans les terres, face à une inondation persistante depuis lundi. Une digue a cédé près du château de France, et un artisan était déjà à l'œuvre pour la reconstruire.
Vigilance et solidarité dans tout le Libournais
Ailleurs en Libournais, les élus font le point sur la situation. « On a redouté le pire. Mais il faut rester vigilant », commente Laurent de Launay, maire d'Izon, qui effectue des tournées dans sa commune. « On a distribué des sacs de sable mercredi. Quelques maisons en bord de Dordogne ont de l'eau au rez-de-chaussée. »
La prudence est de mise à Génissac, où une digue est sous surveillance après la découverte d'une brèche. Les élus se déplacent pour rencontrer les habitants. « Pour l'instant, il n'y a pas d'eau dans les maisons, déclare la maire, Émeline Brisseau. Mais on se prépare pour la montée des eaux du soir. Tout le monde s'y met, il y a une belle solidarité. »
Un bus départemental pour soutenir les sinistrés
Le Bus en + du Département de la Gironde stationnera ce vendredi 20 février à Sablons pour accueillir les sinistrés des inondations liées aux tempêtes Nils et Pedro. Ce dispositif des services du Département « vise à se rapprocher des lieux de vie des Girondines et des Girondins pour répondre à leurs questions et repérer leurs droits et aides sociales mobilisables ».
Il sera stationné de 10 à 16 heures devant la salle des sports et est accessible à tous. Deux psychologues, deux avocats du barreau de Libourne et un travailleur social seront présents pour accompagner toute personne dans le besoin, renforçant ainsi la chaîne de solidarité mise en place face à cette crise.



