Le camping des Grands Pins, situé à Lacanau Océan en Gironde, célèbre cette année son soixantième anniversaire. Cet établissement emblématique de la côte atlantique a dû, au fil des décennies, s'adapter en permanence aux défis climatiques, et plus particulièrement à la menace croissante des incendies de forêt qui a marqué l'été 2026. Face à l'augmentation des risques, le camping a mis en place des mesures de prévention et de sécurité renforcées, tout en poursuivant son activité touristique.
Un site historique face à un risque accru
Le camping des Grands Pins a ouvert ses portes en 1966, à une époque où la forêt de pins maritimes semblait une barrière naturelle protectrice. Depuis, le paysage a changé. Les étés plus secs et les vagues de chaleur répétées ont transformé la forêt en un réservoir de biomasse inflammable. L'été 2026 a été particulièrement éprouvant, avec plusieurs départs de feu à proximité, rappelant douloureusement les incendies de 2022 qui avaient ravagé la forêt de la Teste-de-Buch, toute proche.
Pour la directrice du camping, Marie-Hélène Dubois, la prise de conscience a été progressive mais radicale : « Nous avons toujours vécu avec la forêt, mais nous savons désormais que nous devons vivre avec le risque. Chaque été, nous adaptons nos protocoles, nous formons notre personnel et nous informons nos clients. » Cette année, le camping a investi dans un système de surveillance par caméras thermiques et dans des citernes d'eau supplémentaires, capables de couvrir l'ensemble du site en cas de besoin.
Des aménagements concrets pour protéger les campeurs
Concrètement, le camping a créé une zone tampon de 50 mètres entre les emplacements et la lisière de la forêt, où toute végétation est contrôlée et débroussaillée. Les allées ont été élargies pour permettre le passage des véhicules de secours, et des points d'eau stratégiques ont été installés tous les 200 mètres. En cas d'alerte, un système de sonorisation et une application mobile permettent de diffuser immédiatement les consignes d'évacuation vers les plages ou le centre-ville, selon la direction du vent.
« Nous avons également réduit la capacité du camping de 500 à 420 emplacements, afin de limiter la densité et de faciliter les déplacements en cas d'urgence », précise Marie-Hélène Dubois. Cette décision, prise en concertation avec la mairie de Lacanau et les pompiers, a un coût : le chiffre d'affaires a baissé de 15 % cette année, mais la sécurité n'a pas de prix, selon la directrice.
Un modèle d'adaptation pour toute la profession
Cette adaptation ne concerne pas seulement les Grands Pins. L'ensemble des campings du littoral aquitain est confronté à la même réalité. La Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air (FNHPA) estime que 30 % des établissements de la région ont engagé des travaux de mise aux normes incendie depuis 2022. Le camping des Grands Pins, lui, sert d'exemple : son plan de prévention a été salué par les autorités locales et pourrait être étendu à d'autres sites.
À l'occasion de son soixantième anniversaire, le camping organise un week-end festif en septembre, avec des visites guidées de son dispositif de sécurité et des ateliers de sensibilisation sur les gestes à adopter en cas d'incendie. Une manière de concilier mémoire et avenir, dans un lieu où le pin maritime reste roi, mais où la prudence est devenue reine.



