Un rapport récent alerte sur la présence croissante de résidus de médicaments dans les eaux et leurs effets délétères sur les poissons. Publié par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) en collaboration avec des chercheurs, ce document met en lumière des concentrations de substances pharmaceutiques, notamment des antibiotiques et des hormones, qui perturbent gravement la faune aquatique.
Des perturbateurs endocriniens omniprésents
Les analyses révèlent que 30% des échantillons d'eau prélevés dans les rivières françaises contiennent des niveaux de perturbateurs endocriniens supérieurs aux seuils de sécurité pour les poissons. Ces substances, issues de médicaments comme les contraceptifs ou les antidépresseurs, altèrent le système hormonal des poissons. Selon le rapport, cela entraîne une féminisation des mâles chez certaines espèces, comme le gardon, avec une baisse de 40% de leur capacité de reproduction.
Un impact en cascade sur l'écosystème
Les conséquences ne se limitent pas aux poissons. La diminution des populations piscicoles affecte les oiseaux piscivores et les mammifères aquatiques. Un chercheur de l'Anses, le Dr. Marc Lefèvre, déclare : « Nous observons un déclin de 25% des effectifs de certaines espèces de poissons dans les zones les plus contaminées. Cela fragilise tout l'écosystème. » Les stations d'épuration actuelles ne sont pas conçues pour filtrer ces micropolluants, ce qui aggrave le problème.
Des solutions insuffisantes
Le rapport préconise une meilleure gestion des médicaments, notamment via la collecte des médicaments non utilisés et le développement de technologies de filtration avancées. Cependant, les investissements restent limités. Actuellement, seulement 5% des stations d'épuration françaises sont équipées de systèmes capables d'éliminer les résidus médicamenteux. L'Anses appelle à une action urgente des pouvoirs publics pour éviter un effondrement écologique.



