Le retour de la grenouille verte dans la prairie humide de Rouna, à Arpaillargues-et-Aureillac (Gard), marque une étape clé du chantier de restauration mené par l'EPTB des Gardons. Après les récents orages, la parcelle, autrefois drainée, retient désormais l'eau, et la première grenouille verte est venue s'y rafraîchir, un signe prometteur pour la biodiversité locale.
Un projet de restauration lancé depuis 2015
Dans le quartier de Rouna, au sud de l'ancien chemin de fer, la vaste parcelle que les anciens nommaient le « pré de Madame Thomas » va retrouver prochainement sa fonction de prairie humide. Dès 2015, l'EPTB a noué un partenariat avec la propriétaire, Françoise Jardé, et a lancé une étude de restauration. En 2025, l'organisme a obtenu un financement de l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse (33 000 € HT sur 41 000 € HT) pour démarrer le projet.
Dans les années 80, le ruisseau de Font clarette qui traverse la parcelle avait été creusé pour drainer le terrain. « Une habitude, à l'époque, pour faciliter le passage de l'eau et éviter l'inondation des terres en cas de fortes pluies », explique Jean-Philippe Reygrobellet, chargé de mission de l'EPTB, qui pilote le chantier. Une pratique encouragée à l'époque par les collectivités locales, avec pour conséquence un assèchement de certaines zones humides et la perte de leurs fonctionnalités écologiques.
Des travaux efficaces après les orages
Pour l'instant, le ruisseau a été comblé, le terrain re-profilé, des filets anti-érosion en coco tendus au sol pour permettre le développement de la végétation, et le terrain ensemencé de graminées. Une mare temporaire a été créée, alimentée par les eaux de ruissellement. Les travaux devraient se finaliser en septembre par la plantation d'espèces arbustives, mais déjà les aménagements ont prouvé leur efficacité : après les récents orages, la prairie a retenu l'eau et la première grenouille verte est venue s'y rafraîchir, à la grande joie de Françoise.
« Des recherches cartographiques remontant aux années 50 ont permis de constater l'existence d'une zone humide sur ce terrain », poursuit le chargé de mission. Or, « les zones humides (inondées ou gorgées d'eau de façon permanente ou temporaire) rendent de nombreux services gratuitement qui deviennent indispensables avec le changement climatique : alimentation des nappes phréatiques, atténuation des inondations, soutien des étiages, épuration des eaux, préservation de la biodiversité », argumente la chambre d'agriculture.
Un engagement de trente ans pour la biodiversité
Séduite et motivée à l'idée de redonner une vie naturelle à son terrain, la propriétaire n'a pas hésité à signer un contrat d'Obligation réelle environnementale (Ore) avec l'établissement public. Un contrat lié au foncier pour trente ans qui établit un plan de gestion pour le maintien des fonctions écologiques à long terme. L'EPTB assure les travaux et le suivi, à charge pour la propriétaire de procéder au fauchage régulier de la prairie.
Les signes sont prometteurs, et la présence de la grenouille verte confirme le retour d'un équilibre naturel. Ce projet, soutenu par l'Agence de l'eau, illustre une démarche concrète de restauration écologique, avec des bénéfices attendus pour la gestion de l'eau et la biodiversité dans un contexte de changement climatique.



