Nouveau navire rapide Corse-Italie : des associations alertent sur les cétacés
Navire rapide Corse-Italie : alerte sur les cétacés

La mise en service du « Christine L », un navire à grande vitesse reliant la Corse à l'Italie, est dénoncée par un collectif d'associations et de scientifiques. Selon eux, ce bateau menace la survie des derniers grands cétacés de Méditerranée, notamment dans le sanctuaire Pelagos. Le collectif demande aux autorités françaises, italiennes et monégasques d'interdire l'entrée de ce navire dans leurs eaux nationales respectives.

Un navire rapide qui traverse un sanctuaire protégé

Le « Christine L » est un hydroptère de 32 mètres équipé de foils, capable d'atteindre 38 nœuds, soit deux fois la vitesse d'un ferry classique. Il pourrait rallier la Corse en un peu plus de deux heures depuis Livourne, en Italie. La compagnie Cors'Express, qui s'apprête à affréter ce navire, prévoit jusqu'à 28 traversées par semaine. Or, sa route traversera le sanctuaire Pelagos, une aire marine protégée créée en 1999 par un accord international entre la France, l'Italie et Monaco.

« Ce bateau n'a rien à faire là ! » déclare Murielle Oriol, directrice de l'association SOS Grand Bleu, membre du collectif. Elle qualifie cette situation d'« aberration ». Le collectif, qui regroupe une dizaine d'organisations environnementales et de chercheurs, est à l'origine d'une tribune dénonçant cette mise en service.

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Des collisions mortelles pour les cétacés

Les associations rappellent que « les collisions avec des bateaux sont la première cause de mortalité non naturelle de ces cétacés ». Selon la tribune, « on estime que 33 rorquals meurent chaque année en raison des collisions, causant un déclin probable de la population ». Le risque de mortalité augmente fortement avec la vitesse : il passe « d'environ 20 % à 10 nœuds à près de 80 % à 13 nœuds ». Or, le « Christine L » est trois fois plus rapide, ce qui le rend particulièrement dangereux.

La plupart des rorquals communs et cachalots de Méditerranée se concentrent dans le cône de protection du sanctuaire Pelagos, qui s'étend de Toulon et Gênes jusqu'au nord de la Sardaigne. Pour Murielle Oriol, « il va falloir faire un choix si l'on veut sauver les derniers grands cétacés de Méditerranée ». Elle souligne que le sanctuaire « ne peut pas exister que sur le papier, il faut aussi des actes ».

Des mesures volontaires de la compagnie

Aucune mesure contraignante n'encadre actuellement le sanctuaire Pelagos, mais le collectif demande aux autorités d'agir. De son côté, la société Cors'Express « regrette [qu']aucun échange préalable n'ait eu lieu avec la compagnie avant la diffusion d'un communiqué demandant directement l'interdiction du “Christine L” dans les eaux nationales du Sanctuaire Pelagos et le refus de son futur passage sous pavillon français ». Elle juge cette position « radicale alors même que l'exploitation commerciale du navire n'a pas débuté ».

Cors'Express affirme pourtant « ne contester ni la sensibilité environnementale exceptionnelle du Sanctuaire Pelagos, ni la nécessité de réduire les risques de collision et les nuisances liées au trafic maritime ». La compagnie indique avoir engagé des échanges avec des professionnels et bureaux d'études spécialisés pour évaluer les risques et déterminer des mesures de prévention. Elle a notamment intégré le dispositif REPCET de recensement des cétacés, sans y être contrainte. Elle se dit prête à adapter son « exploitation aux zones et périodes sensibles » et à « examiner toute recommandation scientifiquement fondée susceptible d'améliorer son dispositif ». Pour elle, « la prévention des collisions constitue à la fois un enjeu environnemental majeur et un impératif de sécurité maritime ».

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