Moratoire sur la chasse demandé par cinq associations face à la sécheresse
Moratoire sur la chasse demandé par cinq associations

Cinq associations de protection de la nature ont écrit à la ministre de la Transition écologique pour demander un moratoire sur la chasse, alors que 95 départements métropolitains sont placés sous arrêté sécheresse et que plus de 91 000 hectares ont brûlé depuis le début de l'année. Christian Perrenot, délégué régional de l'Aspas, adressera également, ce lundi 17 août, une lettre à la préfète de l'Hérault.

Une demande récurrente face à une situation critique

Pour la troisième année consécutive, cinq associations* de protection de la nature demandent la suspension de la chasse d'été et un report de l'ouverture prévue le 12 septembre. Cette initiative est justifiée par les incendies à répétition et la sécheresse qui sévit depuis le début de l'été sur le territoire national. L'Association de protection des animaux sauvages (Aspas) complète cette démarche par l'envoi d'une lettre à la préfète de l'Hérault.

Selon les associations, « au 31 juillet, 95 des 96 départements métropolitains sont placés sous arrêté sécheresse, dont 21 en alerte renforcée. Plus de 91 000 hectares sont partis en fumée depuis le début de l'année, un niveau jamais atteint ». Elles décrivent « toute la nature, faune, flore, milieux aquatiques et forestiers, qui subit une catastrophe silencieuse et sans précédent ». Beaucoup d'animaux périssent dans les flammes ou succombent à la déshydratation, aux fumées ou à l'épuisement, tandis que les survivants doivent fuir et trouver de nouveaux refuges.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des associations jugent la chasse d'été incompréhensible

Face à ce contexte hors norme, les associations de protection de l'environnement jugent « incompréhensible que les décisions encadrant l'exercice de la chasse demeurent inchangées. Une nature en état de survie n'a pas la capacité de supporter une pression de chasse supplémentaire ». Christian Perrenot précise : « On écrit chaque année au ministre et aux préfets. Nous avons listé les zones soumises au risque incendie et au stress hydrique dans l'Hérault pour demander l'arrêt de la chasse d'été, qui est autorisée entre le 1er juin et la mi-septembre, pour les sangliers, chevreuils, renards et daims dans l'Hérault. On veut empêcher les chasseurs d'achever des animaux blessés ou affaiblis par la sécheresse. On ne demande pas l'abolition de la chasse mais de limiter les abus des chasseurs. »

Une pétition massive et un soutien croissant

Une pétition baptisée « Pas de fusil sur les cendres » réclamant un moratoire d'au moins trois ans sur la chasse dans les forêts ravagées par des incendies a rassemblé plus de 441 000 signatures sur change.org. Son instigateur, Bruno Valentin, gère un refuge personnel pour animaux dans le Cantal. Il est loin d'être le seul à formuler cette demande, alors que la pression s'accroît sur les autorités pour adapter la réglementation à la situation climatique exceptionnelle.

* Aspas, Aves (Agir pour le vivant et les espèces sauvages), Focale pour le sauvage, One Voice, Pôle grands prédateurs.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale