Les préfectures du Nord et du Pas-de-Calais ont finalement autorisé la manifestation contre le canal Seine-Nord Europe, prévue samedi 11 juillet à Arleux et Oisy-le-Verger. Cette décision fait suite à un recours déposé par les organisateurs, qui dénonçaient une interdiction initiale jugée arbitraire.
Un revirement après un recours
Initialement, les deux préfectures avaient interdit le rassemblement, invoquant des risques de troubles à l'ordre public. Mais après un recours gracieux des organisateurs, soutenus par plusieurs élus locaux et associations environnementales, les autorités ont fait marche arrière. Selon un communiqué conjoint, les préfectures ont estimé que les garanties apportées par les organisateurs permettaient d'assurer le bon déroulement de l'événement.
Un projet contesté
Le canal Seine-Nord Europe, vaste chantier de 107 km reliant la Seine à l'Escaut, est vivement critiqué par des collectifs citoyens et écologistes. Ils dénoncent son coût élevé (estimé à 5,1 milliards d'euros), son impact environnemental sur les zones humides et les terres agricoles, ainsi que son utilité contestée face aux enjeux climatiques. « Ce projet est un non-sens écologique et financier », a déclaré Marie Durand, porte-parole du collectif Stop Canal Seine-Nord, citée par l'AFP. « Nous sommes soulagés que la manifestation puisse avoir lieu, mais nous restons mobilisés pour faire annuler ce chantier. »
Une mobilisation attendue
Les organisateurs espèrent rassembler plusieurs milliers de personnes pour cette journée de protestation. Des bus ont été affrétés depuis Lille, Amiens et Paris. Le parcours de la manifestation traversera plusieurs communes rurales directement impactées par le tracé du canal. Les forces de l'ordre seront mobilisées pour encadrer le cortège, mais les préfectures ont assuré que le dialogue restait privilégié.
Un contexte de tensions
Cette autorisation intervient dans un climat de crispation autour des grands projets d'aménagement du territoire. En mai dernier, une manifestation similaire avait été interdite dans l'Aisne, provoquant des heurts entre militants et gendarmes. Pour éviter de tels débordements, les organisateurs ont accepté de limiter la durée du rassemblement et de désigner des référents chargés de maintenir le calme. « Nous ne voulons pas d'affrontements, mais faire entendre notre voix pacifiquement », a insisté Marie Durand.



