Le lys maritime (Pancratium maritimum), emblème des dunes de sable, ne se trouve plus que dans trois secteurs du Var : Hyères, un peu aux Sablettes à La Seyne et à Fréjus, selon Matthieu Lasceve, chargé de mission Natura 2000. Cette espèce protégée en région PACA depuis 2014 est menacée par le piétinement touristique estival et la régression des milieux dunaires.
Une floraison estivale qui attire les foules
Le lys des sables a la particularité de fleurir en juillet et août, période où les plages qui lui servent d'habitat sont bondées, notamment à l'Almanarre. Les touristes peuvent être tentés de cueillir ses fleurs blanches pour en faire des bouquets, une pratique contre laquelle luttent les collectivités, en particulier le service Développement durable et valorisation du territoire de la Métropole.
Cette plante, résistante aux longues périodes sans pluie et adaptée au milieu hostile du bord de mer, joue un rôle écologique majeur. « Cette plante joue un rôle écologique majeur en contribuant à la fixation et à la stabilité des dunes », explique Matthieu Lasceve, évoquant de puissantes racines.
Des amendes dissuasives pour protéger l'espèce
La cueillette du lys maritime est strictement encadrée. Couper ses fleurs, arracher son bulbe ou ramasser ses graines expose à une amende maximale de 150 000 euros et 3 ans d'emprisonnement pour un particulier. Pour une collectivité ou une association, l'amende peut atteindre 750 000 euros.
« Nous avons des agents assermentés de la Police municipale, de l'office national des forêts ou de l'office français de la biodiversité qui surveillent et peuvent verbaliser », précise Matthieu Lasceve. La Métropole, gestionnaire du site, note que le lys répond positivement aux actions de protection, comme les ganivelles installées depuis les années 1990 pour le protéger du piétinement.
Un indicateur de la santé des dunes
Au-delà de son aspect esthétique, le lys maritime est un indicateur précieux de la santé des dunes. « C'est un indicateur de la bonne santé des dunes et on le considère comme une plante parapluie parce qu'elle protège la biodiversité », explique Grégory Audibert, premier adjoint à Hyères en charge de l'environnement et du développement durable.
La Métropole poursuit son travail d'inventaire des espèces pour rédiger l'Atlas de la biodiversité métropolitaine. Dans ce cadre, un coléoptère nommé Halammobia pellucida, inféodé au lys maritime et non observé depuis 100 ans, a été retrouvé dans les racines de la plante. « C'est un exemple de la biodiversité discrète, parfois même invisible », ajoute l'élu.
L'Atlas a déjà permis de recenser plusieurs dizaines de nouvelles espèces sur la Métropole. « Il sert à mieux connaître le milieu, donc à mieux le protéger et à mieux informer le public », souligne Grégory Audibert. Le nouvel élu souhaite également améliorer la signalétique : « On va revoir tous les panneaux d'indication avec une idée à faire passer : il faut s'adapter à la nature et pas l'inverse. »
L'objectif est de faire comprendre que les ganivelles ne sont pas des obstacles installés au hasard, mais les limites d'un espace qui doit pouvoir évoluer sans être constamment piétiné, un message occulté lors de l'éclipse où les foules ont piétiné les plantes.



