Pour protéger le cycle de vie de l'anguille européenne, espèce menacée d'extinction, des travaux d'aménagement vont être engagés début juillet 2026, route de Pierrefeu, à hauteur du barrage Sainte-Eulalie à Hyères.
Une rampe inclinée pour franchir l'obstacle
Une rampe inclinée sera créée pour s'adapter en continu au débit du cours d'eau. L'objectif est de permettre aux anguilles de circuler librement entre les eaux douces et salées, indispensable à leur reproduction.
Menacée d'extinction et victime de trafics internationaux, l'anguille européenne se reproduit en mer des Sargasses, au large de la Floride. Les larves dérivent jusqu'aux estuaires, deviennent des civelles très prisées par les braconniers, puis remontent les cours d'eau pour s'alimenter. Les anguilles peuvent s'engraisser jusqu'à dix ans pour les femelles et trois à quatre ans pour les mâles avant de repartir vers leur lieu de reproduction.
Le bassin-versant du Gapeau, zone de croissance majeure mais fractionnée
Le bassin-versant du Gapeau est identifié comme zone de croissance essentielle. Cependant, selon Franck Asencio, chargé de mission sur le Programme d'action et de prévention des inondations (PAPI) du Gapeau au sein du syndicat mixte du bassin-versant du Gapeau (SMBVG), "il est aussi l'un des cours d'eau les plus fractionnés de France avec en moyenne un barrage tous les kilomètres".
Cette fragmentation freine la colonisation des anguilles, sélectionne et bloque certains individus, voire interdit complètement l'accès en amont. "Les anguilles s'accumulent au pied du barrage, ce qui entraîne une surdensité avec pour effet d'augmenter leur concurrence sur l'alimentation, ou de propager des maladies", précise Franck Asencio.
Des travaux de 250 000 euros pour restaurer la continuité écologique
Face à cet enjeu international, des travaux d'aménagement s'imposent au barrage de Sainte-Eulalie, à hauteur de la Clapière. Un an après la réalisation d'une passe à poissons sur le barrage anti-sel par la Métropole TPM, un nouveau chantier public, porté par le SMBVG, va débuter la semaine prochaine.
Les travaux, réalisés par l'entreprise Berthouly Travaux Publics, sont financés à hauteur de 250 000 euros hors taxes, avec l'aide de la Région Sud (30 %), de l'Agence de l'eau (50 %) et du SMBVG (20 %).
Il sera construit sur le seuil actuel de la Clapière une rampe inclinée dont la forme est imaginée pour s'adapter en continu au débit du cours d'eau. "L'idée est de faire transiter les anguilles en montaison (lorsqu'elles remontent le cours d'eau), et en dévalaison (lorsqu'elles descendent). Cette passe sera parallèle au sens d'écoulement du cours d'eau pour qu'elles puissent monter ou dévaler avec des paliers aménagés de picots. Ceux-ci seront aussi mis sur des pierres afin qu'elles puissent s'accrocher si jamais elles sont bloquées", explique Chaû Chretien, directrice du SMBVG. "Pour éviter qu'elles ne se blessent, nous allons uniformiser une partie du seuil existant en forme d'escaliers en le lissant pour que les anguilles puissent dévaler."
Réparation des palplanches et adaptation de la circulation
Le chantier, de juillet à fin septembre, nécessitera d'adapter la circulation sur la route départementale de Pierrefeu (vitesse limitée à 50 km/h). Au final, environ 8 kilomètres de cours d'eau sur le Gapeau principalement, et le Réal Martin, seront rétablis jusqu'aux prochains seuils. Un suivi sera mis en place sur le Gapeau en aval.
"Nous allons profiter de ces travaux de restauration de continuité écologique pour réparer les palplanches qui maintiennent la berge et qui sont en train de s'effondrer", ajoute Chaû Chretien. Le coût estimé de ces réparations, financé par le SMBVG, est de 60 000 euros hors taxe.



