Une équipe de naturalistes, menée par le docteur en océanologie Patrick Louisy, a recensé treize hippocampes lors d'une plongée dans la zone Est du port de plaisance de Frontignan. Cette découverte, réalisée mardi 29 juillet, est le résultat d'un suivi scientifique régulier de ce milieu aquatique.
Un indicateur de qualité environnementale
Selon Patrick Louisy, responsable scientifique de l'association Peau-Bleue basée à Agde, la présence d'hippocampes est un excellent signe : « Le fait qu'on voie les hippocampes, c'est plutôt bon signe. Cela signifie que le milieu est biologiquement accueillant et qu'ils ont trouvé un endroit où se cacher, se nourrir et, le cas échéant, se reproduire. » Cette observation confirme la bonne santé de l'écosystème portuaire.
Deux espèces identifiées
Lors de la plongée du 25 juin, les scientifiques avaient déjà dénombré treize hippocampes sur une distance de soixante-dix mètres. Deux espèces ont été identifiées : l'hippocampe moucheté, décrit comme « plutôt gros », présent dans l'étang de Thau, et l'hippocampe à museau court, plus petit, que l'on trouve habituellement en mer. Six individus de la première espèce et sept de la seconde ont été observés.
Un suivi scientifique rigoureux
Stéphanie Brunelle, guide naturaliste et codirectrice de la structure Plongée Passion à Frontignan, a elle-même aperçu deux hippocampes depuis le quai du bassin Est. Elle témoigne : « Cela fait environ deux ans que nous commençons à les voir. » Elle a sollicité la capitainerie pour obtenir les autorisations nécessaires à ces plongées d'exploration.
Patrick Louisy précise que la plongée est normalement interdite dans les ports, mais une autorisation spécifique a été délivrée pour cette mission. La capitainerie organise régulièrement des opérations de nettoyage, contribuant à la préservation du milieu.
Le résultat d'efforts continus
Pour Patrick Louisy, cette présence est le fruit d'un travail de longue haleine : « Depuis des années, un gros travail a été fait pour limiter l'impact du nautisme et du fonctionnement des ports sur l'environnement aquatique. Ce que nous voyons aujourd'hui est le fruit de ce travail. Depuis dix à quinze ans, les pêcheurs sont très conscients de la valeur patrimoniale de la faune aquatique, notamment des hippocampes. »
Cette découverte illustre la capacité des ports à accueillir une biodiversité insoupçonnée, loin de l'image de simples garages à bateaux. Les hippocampes, véritables sentinelles de la qualité de l'eau, témoignent de la renaissance écologique de ce site méditerranéen.



