L'incendie qui ravage la forêt de Fontainebleau depuis dimanche 12 juillet 2026 se classe déjà comme le troisième plus important dans la moitié nord de la France depuis 2006, selon des données officielles. Au moins 800 hectares ont été parcourus dans ce massif de plus de 20 000 hectares, poumon vert situé à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Paris, d'après le dernier bilan disponible lundi après-midi.
Un feu non maîtrisé et un nouveau départ de flamme
Peu après 16h30, l'incendie « n'est pas fixé » et les pompiers font face à « un nouveau départ de feu » dans le secteur de la Faisanderie, près de la ville de Fontainebleau, a déclaré le préfet de Seine-et-Marne, Pierre Ory. « Il n'y a pas de victimes parmi les pompiers ou les populations civiles », a-t-il précisé. La surface parcourue est « forcément au-dessus » de 800 hectares, a estimé le préfet, sans pouvoir donner de chiffre précis. « Il continue à progresser modérément, et les pompiers se battent pied à pied pour essayer de le tenir », a-t-il ajouté. Entre 700 et 900 personnes ont été évacuées.
Moyens aériens mobilisés
Deux Canadair « ont tourné sans cesse » et « ont écopé dans la Seine » depuis lundi matin, a rappelé le préfet. Deux autres avions bombardiers d'eau du même type sont en route vers la forêt. La situation « n'est pas hors de contrôle mais nous venons de faire face à un nouveau départ de feu » dans le secteur de la Faisanderie, a-t-il précisé.
Comparaison avec les incendies passés
D'après la base de données sur les incendies de forêts (BDIFF), qui remonte à 2006 pour toute la France (et à 1973 pour la zone méditerranéenne), seuls deux autres incendies dans la moitié nord dépassent l'actuel feu en surfaces brûlées. Il s'agit de l'incendie des monts d'Arrée à Brasparts (Finistère) qui avait ravagé 1 917 hectares fin juillet 2022, et de celui de la forêt du Pugle à Baugé-en-Anjou (Maine-et-Loire) qui avait brûlé 1 450 hectares en août 2022. Tous deux avaient une origine criminelle, tout comme celui de Fontainebleau selon les premières constatations.
Dans la base BDIFF, le plus vaste incendie en France métropolitaine reste celui de Landiras (Gironde) qui, en juillet 2022, avait carbonisé 12 552 hectares. Il devance le feu de Vidauban (Var) de 1990 (11 580 ha) et celui de Ribaute (Aude) d'août 2025 (11 133 ha).
Un record historique pour Fontainebleau
Pour la forêt de Fontainebleau, l'incendie actuel est le pire depuis ceux de 1921 (762 hectares) et de 1945 (825 ha), selon les archives remontant à 1863, a relevé Sophie David, responsable du service environnement et accueil du public à l'ONF Ile-de-France-Est et archéologue spécialiste de Fontainebleau.
Contexte des incendies en France
Avec ses 17,5 millions d'hectares couvrant 32 % du territoire métropolitain, la forêt française subit en moyenne environ 2 500 incendies par an depuis le début du XXIe siècle. Ces feux détruisent en moyenne plus de 11 000 hectares de bois ou végétation par an depuis 2006 en France métropolitaine, selon la base BDIFF. Les chiffres fluctuent fortement selon les conditions météorologiques : 2022 a été l'année la plus noire avec 4 378 incendies et 58 980 hectares brûlés, devant 2025 (2 514 feux, 21 736 hectares brûlés). Les données de 2026 ne sont pas encore intégrées à la base BDIFF.



