Au Canada, les feux à répétition bouleversent la forêt boréale
Feux à répétition au Canada : la forêt boréale bouleversée

Au Canada, les feux de forêt à répétition bouleversent l'écosystème de la forêt boréale. Selon une étude publiée dans la revue Nature Ecology & Evolution, les incendies fréquents favorisent le remplacement des conifères par des feuillus, ce qui réduit la capacité de la forêt à stocker le carbone.

Une transformation rapide de l'écosystème

Les chercheurs ont analysé des données satellitaires sur 30 ans et constaté que dans les zones brûlées à plusieurs reprises, la proportion de conifères a chuté de 60 % à 30 %. Les feuillus, comme les peupliers et les bouleaux, colonisent rapidement ces zones, mais ils stockent moins de carbone que les conifères. « La forêt boréale est en train de changer de visage », explique la professeure Jennifer Baltzer, co-auteure de l'étude.

Un cercle vicieux climatique

Cette transformation aggrave le changement climatique, car les feuillus absorbent moins de CO2. De plus, les incendies libèrent du carbone stocké dans le sol. Selon les estimations, les feux de forêt au Canada ont émis environ 2,5 milliards de tonnes de CO2 entre 2014 et 2023, soit l'équivalent des émissions annuelles de l'Inde. « Nous assistons à un cercle vicieux où les incendies réduisent la capacité de stockage de carbone, ce qui accélère le réchauffement, ce qui augmente le risque de nouveaux incendies », ajoute Jennifer Baltzer.

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Des conséquences sur la biodiversité

La modification de la composition forestière a également un impact sur la faune. Les caribous, qui dépendent des lichens présents dans les forêts de conifères, voient leur habitat se réduire. Les espèces de feuillus attirent d'autres animaux, comme les orignaux, mais cela perturbe l'équilibre écologique. « Certaines espèces pourraient disparaître localement », prévient la chercheuse.

Une tendance qui devrait s'accentuer

Les modèles climatiques prévoient une augmentation de la fréquence et de l'intensité des incendies dans les décennies à venir. « Si les émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas, la forêt boréale pourrait perdre jusqu'à 50 % de sa capacité de stockage de carbone d'ici 2100 », estime l'étude. Les autorités canadiennes tentent d'adapter leurs stratégies de gestion forestière, mais le défi est immense face à l'ampleur du phénomène.

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