La liste des espèces nuisibles renouvelée malgré les critiques
Espèces nuisibles : liste renouvelée sous le feu des critiques

Le ministère de la Transition écologique a publié, jeudi 15 juillet, un arrêté renouvelant la liste des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (ESOD) pour la période 2026-2029. Cette décision, qui maintient notamment la belette, le renard roux et l'étourneau sansonnet sur la liste, suscite la controverse parmi les associations de protection de la nature.

Une classification contestée

La liste ESOD, qui remplace l'ancienne notion de "nuisibles", permet aux préfets d'autoriser des opérations de régulation (piégeage, tir) sur certaines espèces dans les départements où elles causent des dégâts significatifs aux activités humaines. Selon le ministère, cette classification repose sur des critères scientifiques et des remontées de terrain. "Les espèces inscrites sont celles pour lesquelles il est démontré qu'elles peuvent causer des dégâts importants à l'agriculture, à la sylviculture ou à la santé publique", explique un porte-parole du ministère.

Parmi les 21 espèces maintenues, le renard roux est particulièrement critiqué par les défenseurs des animaux, qui soulignent son rôle bénéfique dans la régulation des rongeurs. "Le renard est un auxiliaire de l'agriculture, pas un nuisible", dénonce Julie Leblanc, présidente de l'association Faune Sauvage. "Sa présence limite l'utilisation de pesticides et réduit les populations de campagnols, qui causent bien plus de dégâts aux cultures."

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Des chiffres en débat

Selon les données du ministère, environ 600 000 renards sont abattus chaque année en France dans le cadre de la régulation des ESOD. Les associations estiment que ce nombre est excessif et que les dégâts attribués au renard sont souvent exagérés. "Dans les zones d'élevage, les attaques sur les volailles sont réelles, mais elles restent marginales par rapport aux pertes dues aux maladies ou aux prédateurs naturels comme la martre", affirme un rapport de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) publié en 2025.

L'étourneau sansonnet, qui peut causer des dégâts dans les cultures fruitières et les silos, est également maintenu. Le ministère avance que les populations de cet oiseau ont augmenté de 30 % en dix ans dans certaines régions. En revanche, la belette, plus discrète, est critiquée pour sa prédation sur les poulaillers.

Les associations montent au créneau

Plusieurs organisations, dont la Fondation Brigitte Bardot et l'Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), ont annoncé leur intention de déposer un recours devant le Conseil d'État. Elles dénoncent un manque de transparence dans la méthode de sélection des espèces et l'absence d'évaluation de l'impact écologique des tirs. "Cette liste est une aberration scientifique. Elle ignore les services écosystémiques rendus par ces espèces et favorise une vision archaïque de la gestion de la faune", s'indigne Pierre Dubois, porte-parole de l'ASPAS.

Le ministère se défend en affirmant que la régulation est encadrée et ne concerne que les zones où les dégâts sont avérés. "Les préfets prennent des arrêtés locaux après consultation des commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage. Il ne s'agit pas d'une extermination systématique", précise le porte-parole.

Un enjeu de biodiversité

Le débat s'inscrit dans un contexte plus large de perte de biodiversité. Selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), 30 % des espèces de mammifères terrestres en France sont menacées. Les associations rappellent que le renard, bien que classé comme "préoccupation mineure" au niveau national, subit une pression de chasse importante. "La régulation doit être basée sur des données objectives et non sur des pressions corporatistes", conclut Julie Leblanc.

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