Les digues de Pont-Saint-Esprit, renforcées après huit mois de travaux, ont été officiellement inaugurées mardi 7 juillet. Ce chantier, d'un montant de près de 2,2 millions d'euros, vise à mieux protéger la ville et ses habitants face aux risques de crues et d'inondations, tout en préservant un ouvrage emblématique du patrimoine local.
Un projet né en 2018
Le projet remonte à 2018, lorsqu'une étude menée par le syndicat mixte ABCèze avait révélé des irrégularités importantes sur certains secteurs des digues, telles que des parements dégradés, des érosions internes et des fissures fragilisant l'édifice. Construites après la grande crue de 1840, ces digues comprennent la digue du centre ancien et celle des Tuillères, soit 1,4 km protégeant 130 bâtiments vulnérables et près de 300 habitants.
« Une fois de plus, par la solidarité, on peut réaliser de grandes choses », s'est félicité Benoit Trichot, président du syndicat mixte ABCèze et maire de Montclus. « Un chantier très important de huit mois, chargé d'histoire, et qui a nécessité l'investissement de chaque acteur. Une vraie preuve d'unité et de cohésion dans la région. »
Des travaux nécessaires face aux risques naturels
Carole Bergeri, questeur déléguée à l'Europe et à la politique contractuelle territoriale au Conseil départemental du Gard, a souligné l'importance de ces travaux : « Le Gard est un très beau département, avec ses forêts, ses cours d'eau et ses villages, mais le revers de la médaille est visible avec les risques naturels. Ce projet s'inscrit dans la volonté de prévention face aux risques de plus en plus importants, comme le problème des inondations et des crues. Il fallait agir pour assurer la sécurité des personnes et des biens jusqu'à une crue d'occurrence centennale, c'est-à-dire qui a une probabilité de 1 % de se produire chaque année. »
La Municipalité avait dû évacuer 114 foyers en plein épisode cévenol en octobre 2024, rappelant l'urgence d'agir. Les travaux se sont déroulés d'août 2025 à avril 2026, durant lesquels ont été édifiés des enrochements, des ouvrages traversants et des tirants, le tout renforcé par des injections de résine pour assurer l'étanchéité du parement maçonné.
Un symbole pour la ville
Valère Ségal, maire de Pont-Saint-Esprit, a souligné la dimension symbolique des digues : « Elles sont une part de fierté pour la ville. C'est l'un des premiers repères, l'une des premières images qu'ont les touristes de notre ville. À la fois porte d'entrée et porte de protection, elle symbolise notre dessein commun : assurer une sécurité à nos habitants. »
Christophe Serre, président de la communauté d'agglomération du Gard rhodanien, a ajouté : « Cette digue, l'une des sept du bassin versant de la Cèze et des petits affluents du Rhône gérées par ABCèze, offre une belle carte postale. Il s'agit d'une infrastructure essentielle dans une ville conçue comme une porte dorée ouvrant sur le Gard rhodanien et la région Occitanie. »
Un financement partagé
Le montant total des travaux s'élève à 2 277 298 € HT, subventionné à 80 % par l'État, la Région Occitanie et le Département du Gard. Les 20 % restants proviennent de la taxe Gemapi, un impôt local levé par l'Agglomération du Gard rhodanien auprès des contribuables des 44 communes concernées afin de financer des actions sur les milieux climatiques et prévenir le risque inondations.
« Aux côtés de la devise "Liberté, Égalité, Fraternité", on devrait ajouter le terme "Solidarité". C'est bien plus qu'un mot, c'est un état d'esprit, une ambition commune, une solidarité où certains payent pour leurs voisins pour les sauver de futurs risques naturels », a déclaré Christophe Serre. Claire Lapeyronie, conseillère régionale d'Occitanie, a partagé cette vision : « La Région a contribué au budget des travaux, non pas en tant qu'obligation, mais dans la seule volonté d'aider. »
Jérôme Bonet, préfet du Gard, a réaffirmé l'importance de cette approche transpartisane : « Ce projet a réellement bénéficié d'une approche transpartisane car il dépasse la durée de nos mandats respectifs. L'objectif est de montrer que l'enjeu du climat est un enjeu prioritaire pour l'État car il concerne les générations futures, les premières qui seront exposées aux risques naturels. »
La cérémonie s'est conclue par l'inauguration d'une plaque commémorative.



