La ville des Sables-d'Olonne, en Vendée, expérimente un programme pionnier visant à rendre potable l'eau usée. Cette initiative, portée par la Vendée Eau, le syndicat départemental, et la station d'épuration locale, a pour objectif de préserver la ressource en eau dans un contexte de stress hydrique accru lié au changement climatique.
Un dispositif inédit en France
Le programme, lancé en 2025, consiste à traiter les eaux usées issues de la station d'épuration des Sables-d'Olonne pour les réinjecter dans le réseau d'eau potable. Selon la Vendée Eau, il s'agit d'une première en France à cette échelle. L'eau subit un traitement poussé : ultrafiltration, osmose inverse, puis désinfection par UV et chlore. Les analyses effectuées par l'Agence régionale de santé confirment que l'eau produite respecte les normes de potabilité.
Un objectif de 10% d'eau recyclée d'ici 2030
L'objectif affiché est de couvrir jusqu'à 10% des besoins en eau potable de la ville grâce à ce procédé d'ici 2030. Cela représenterait environ 1,5 million de mètres cubes par an. Le projet a nécessité un investissement de 15 millions d'euros, financé par la Vendée Eau, l'Agence de l'eau Loire-Bretagne et la Région Pays de la Loire.
Un défi technologique et d'acceptabilité
Au-delà de la technique, le défi est aussi celui de l'acceptabilité sociale. Une enquête menée auprès des habitants montre que 70% d'entre eux se disent favorables au projet, à condition d'être informés. Des réunions publiques et des visites de la station sont organisées pour expliquer le processus. Cette initiative pourrait faire école dans d'autres territoires confrontés à la sécheresse, comme en Espagne ou en Israël, où des programmes similaires existent déjà.
Selon la Vendée Eau, ce programme pionnier pourrait être étendu à d'autres communes du département si les résultats sont concluants. L'enjeu est de taille : réduire la pression sur les nappes phréatiques et garantir l'approvisionnement en eau potable face au changement climatique.



