L'Office national des forêts (ONF) a lancé un chantier expérimental d'extraction des figuiers de barbarie dans la forêt domaniale des Pierres Blanches, sur le mont Saint-Clair à Sète. Ces cactus, également appelés "cactus de Méditerranée", prolifèrent sur une dizaine d'hectares au sud de la forêt. Bien qu'ils fassent partie du paysage depuis des siècles, ils sont classés comme "espèces exotiques envahissantes" et menacent les écosystèmes locaux.
Une menace pour la biodiversité
Marie Parrot, responsable de l'Unité territoriale Garrigues de l'ONF, explique que ces plantes grasses, originaires du Mexique, ont été introduites en Europe à des fins ornementales. Leur reproduction végétative est particulièrement rapide : une simple raquette tombée au sol peut refaire des racines et coloniser de nouveaux espaces. Les figuiers de barbarie concurrencent les strates herbacées, réduisant les prairies et pelouses essentielles pour la chaîne de biodiversité, incluant insectes et faune.
Un chantier expérimental et exigeant
Le chantier, soutenu par le mécénat de la Fondation TotalEnergies, mobilise six personnes : trois ouvriers forestiers de l'ONF et trois travailleurs en insertion de l'agence d'intérim Ergos. Chaque jour, une équipe de quatre personnes peut extraire jusqu'à 1,5 tonne de figuiers. Le travail est manuel et fastidieux, nécessitant des gants solides pour se protéger des épines. Les raquettes sont coupées à la serpe, les racines retirées avec un extracteur, puis les déchets sont évacués par quad vers un centre de tri pour être broyés.
Dimitri Ladurelle, conducteur de travaux à l'ONF, précise que ce chantier est une première en France, à l'exception peut-être d'une opération similaire dans les calanques de Marseille il y a une quinzaine d'années. Les usagers de la forêt sont invités à ne pas disséminer les raquettes pour éviter la prolifération de l'espèce.



