Aniane : 44 pixels mystérieux ornent les murs du village
Aniane : 44 pixels mystérieux ornent les murs du village

La commune d'Aniane, dans l'Hérault, compte officiellement 44 motifs en mosaïque de type « space invaders » disséminés sur ses murs, créés par un artiste anonyme qui connaît parfaitement l'histoire locale. La municipalité prépare un livret pour organiser une « chasse aux pixels » à destination des habitants et des visiteurs.

Un street art local inspiré d'Invader

Comme Paris, New York, Los Angeles ou Hong Kong, Aniane possède sa collection de « space invaders », mais à sa façon. Depuis plusieurs mois, voire quelques années, de petits motifs en carreaux de mosaïque formant des pixels, hérités des personnages de jeux vidéo, sont apparus un peu partout sur les murs du village. L'expérience a commencé il y a plus de 20 ans dans les rues parisiennes avec un artiste dont le pseudonyme est Invader, qui a inondé les plus grandes villes de la planète avec son concept de street art.

Vendredi 14 août, lors de la visite de la sous-préfète dans la commune, la dernière création a été découverte : une molaire posée sur la façade d'une maison. « C'est un nouveau pixel, il est là parce qu'il y avait le cabinet d'un dentiste », précise Julie, du service culturel.

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Humour, poésie et références au passé

L'auteur des « space invaders » anianais semble bien connaître l'histoire du village. Parmi les motifs les plus évidents : un extincteur pour le centre de secours d'Aniane, une cigogne avec un bébé dans son bec à la crèche, une baleine bleue sur le lavoir. Plus humoristique, un petit fantôme façon Casper devant l'entrée du cimetière, ou un cochon avec des ailes et une auréole au-dessus de l'enseigne de l'ancienne boucherie Caizergues, sans doute pour signifier qu'il a été transformé en fameuse saucisse, emblématique de la maison.

Certaines interventions demandent un décryptage. Une paire de jumelles au détour d'une rue rappelle qu'il y avait un tabac tenu par les demoiselles Durand. « Elles étaient tout le temps habillées pareil ! On les confondait vraiment. Elles ne se sont jamais mariées, et elles ont toujours tenu à ce qu'on les appelle mesdemoiselles », précise le maire. Sur le boulevard, un crayon et un pinceau en croix signalent l'ancien emplacement d'un magasin de dessin et d'arts créatifs. « C'était magnifique ! Il y avait des papiers cartonnés de toutes les couleurs, des feutres, de la peinture… », détaillent ceux qui l'ont connu.

Un peu plus loin, deux personnages identiques, un rouge et un bleu, d'un dessin animé d'enfance, rappellent : « C'était la maison d'Italo Bettiol, le père de Chapi Chapo », précise Philippe Salasc. Sur la façade de la maison d'un pompier bénévole, très connu et apprécié, un Mario du célèbre jeu vidéo a été installé. Normal, Christian était encore récemment plombier avant de prendre sa retraite.

Un anonymat bien préservé

Qui est l'artiste qui se cache derrière cette forme de témoignage ? « On ne sait pas, c'est un mystère », répond-on. Certains auraient « peut-être une petite idée », mais ce n'est pas sûr. Ce qui est sûr, c'est que c'est devenu une véritable curiosité. Chacun essaie d'en dénicher, et à ce jour, il y en aurait officiellement 44. Si on compare les 1 467 space invaders répertoriés dans Paris et sa banlieue, le ratio pour Aniane et ses 3 000 habitants est largement supérieur.

Bientôt une chasse aux pixels urbains

La commune a décidé de s'emparer de ce street art pour créer une activité ludique et originale : « On prépare un livret de tous les motifs en mosaïque pour que les gens sillonnent les rues du village comme une chasse au trésor façon pixel », annonce Cédric Magnes, adjoint chargé de l'attractivité touristique et culturelle. Une manière originale de découvrir Aniane et son patrimoine historique différemment, le nez en l'air, et peut-être de croiser l'insaisissable artiste.

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