Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que l'organisation d'élections présidentielles ou législatives pendant la guerre avec la Russie serait un « tsunami » pour le pays. Selon lui, un tel scrutin fragiliserait l'unité nationale et détournerait l'attention des priorités militaires et de la défense du territoire.
Une position ferme face aux pressions internationales
Dans une interview accordée à plusieurs médias, dont Libération, Zelensky a répondu aux appels de certains partenaires occidentaux qui suggéraient la tenue d'élections malgré le conflit. Il a souligné que les conditions actuelles ne permettent pas d'organiser un vote libre et équitable, notamment en raison de l'occupation de certaines régions et des déplacements massifs de population.
« Des élections en temps de guerre seraient un tsunami pour le pays », a-t-il insisté, ajoutant que cela pourrait être exploité par la Russie pour déstabiliser davantage l'Ukraine. Le président a rappelé que la loi martiale, en vigueur depuis le début de l'invasion, interdit toute consultation électorale.
Un enjeu de légitimité et de sécurité
Zelensky a également évoqué les défis logistiques et sécuritaires : des millions de soldats au front, des citoyens déplacés à l'étranger ou dans des zones sous contrôle russe. Organiser un scrutin dans ces conditions serait, selon lui, impossible sans mettre en danger les électeurs et les observateurs.
Cette prise de position intervient alors que certains alliés, notamment aux États-Unis, ont évoqué la nécessité de maintenir une vie démocratique en Ukraine. Mais pour le président ukrainien, la priorité absolue reste la victoire militaire et la restauration de l'intégrité territoriale.
Un impact direct sur la stratégie de guerre
En écartant toute élection avant la fin du conflit, Zelensky cherche à préserver la stabilité politique et à concentrer les ressources sur la contre-offensive. Cette décision pourrait toutefois alimenter des tensions avec l'opposition politique ukrainienne, qui réclame un calendrier électoral, mais elle est jugée nécessaire par l'exécutif pour éviter toute division interne.
Le président a conclu en affirmant que les élections auront lieu « dès que la sécurité et la légalité seront garanties ». En attendant, l'Ukraine reste sous loi martiale, avec un pouvoir centralisé autour de la présidence et de l'état-major.



