Au moins vingt éléphants ont été retrouvés morts au Kenya, victimes d'une maladie encore inexpliquée. Les autorités sanitaires et les défenseurs de l'environnement s'inquiètent de cette hécatombe qui touche la région de Tsavo, dans le sud-est du pays. Selon les premières analyses, des toxines naturelles, comme celles produites par des cyanobactéries, pourraient être à l'origine de ces décès, mais les investigations se poursuivent pour écarter d'autres hypothèses, notamment un empoisonnement ou une exposition à des pesticides.
Une vingtaine de carcasses découvertes dans la région de Tsavo
Les carcasses ont été signalées par les gardes du Kenya Wildlife Service (KWS) dans le parc national de Tsavo Est, une zone de savane aride qui abrite l'une des plus grandes populations d'éléphants d'Afrique. Les équipes de terrain ont comptabilisé au moins vingt éléphants morts, un nombre qui pourrait augmenter à mesure que les patrouilles s'enfoncent dans la brousse. Les animaux, de tous âges, ont été retrouvés à proximité de points d'eau, ce qui a immédiatement orienté les enquêteurs vers une cause liée à l'eau ou à l'alimentation.
Les premières autopsies menées sur place n'ont pas révélé de lésions évidentes, ni de signes de lutte ou de prédation. Les échantillons prélevés sur les carcasses ont été envoyés dans des laboratoires spécialisés à Nairobi et à l'étranger pour des analyses toxicologiques et bactériologiques. Les résultats préliminaires, rapportés par le KWS, évoquent une possible intoxication par des toxines naturelles, en particulier des cyanobactéries, qui prolifèrent dans les mares stagnantes après de fortes pluies.
Le cyanobactéries, une piste privilégiée mais pas exclusive
Les cyanobactéries, aussi appelées algues bleu-vert, produisent des toxines qui peuvent être mortelles pour la faune sauvage. Les éléphants, qui boivent de grandes quantités d'eau, seraient particulièrement vulnérables en cas de concentration élevée de ces micro-organismes. Cependant, les autorités restent prudentes : « Nous ne pouvons pas encore conclure définitivement. Nous examinons toutes les pistes, y compris celle d'un empoisonnement délibéré ou d'une contamination par des pesticides agricoles », a déclaré un porte-parole du Kenya Wildlife Service, cité par le quotidien Libération.
Cette prudence s'explique par la complexité du terrain. La région de Tsavo est traversée par des couloirs de migration pour la faune, mais aussi par des zones agricoles où l'usage de pesticides est courant. Des analyses du sol et de l'eau sont en cours pour vérifier la présence éventuelle de substances chimiques. Les autorités n'excluent pas non plus une maladie infectieuse, bien que les premiers tests n'aient pas détecté de pathogène connu.
Un impact écologique et économique majeur pour le Kenya
Cette mortalité massive intervient dans un contexte déjà fragile pour la conservation des éléphants au Kenya. Le pays compte environ 36 000 éléphants, une population qui avait commencé à se remettre du braconnage des années 1980, mais qui reste menacée par la perte d'habitat et les conflits avec les populations locales. La région de Tsavo, qui abrite près de 12 000 éléphants, est un pilier du tourisme kenyan, qui génère des revenus importants pour l'économie nationale.
Les autorités ont renforcé la surveillance du parc et lancé un appel aux communautés voisines pour signaler tout animal malade ou mort. Des équipes vétérinaires sont en alerte pour intervenir si d'autres cas se déclarent. Les scientifiques espèrent que les analyses en cours permettront d'identifier rapidement la cause exacte, afin de mettre en place des mesures de prévention et d'éviter une propagation à d'autres zones protégées. En attendant, le mystère reste entier sur cette hécatombe qui frappe l'un des symboles de la faune africaine.



