Pyrénées : 108 ours bruns recensés en 2025 mais l'espèce reste menacée par la consanguinité
108 ours dans les Pyrénées en 2025, mais risque d'extinction persiste

La population d'ours bruns franchit le cap des 100 individus dans les Pyrénées

Le bilan annuel de l'Office français de la biodiversité (OFB), publié jeudi 26 mars, confirme une augmentation significative de la population d'ours bruns dans les Pyrénées. Au moins 108 individus différents ont été officiellement recensés en 2025, dépassant ainsi la barre symbolique de la centaine pour la deuxième année consécutive. Ce chiffre représente une légère hausse par rapport aux 107 ours comptabilisés en 2024.

Une croissance démographique spectaculaire depuis trente ans

Le redressement de la population ursine dans le massif pyrénéen s'avère particulièrement remarquable sur le long terme. Le taux d'accroissement moyen annuel entre 2006 et 2024 est estimé à +11,53% pour l'ensemble des Pyrénées, selon les données officielles. Cette progression contraste fortement avec la situation critique du début des années 1990, où seulement quatre à six ours étaient dénombrés dans les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques.

La réintroduction des premiers ours slovènes en 1996-1997 (les femelles Ziva et Mellba, ainsi que le mâle Pyros) dans la commune de Melles, en Haute-Garonne, a marqué le début de cette reconquête démographique. Aujourd'hui, la population compte autant de mâles que de femelles, ce qui constitue un équilibre favorable à la reproduction.

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Une "bombe génétique" qui menace la survie de l'espèce

Derrière ces chiffres encourageants se cache une réalité beaucoup plus préoccupante. Les experts scientifiques qualifient l'érosion génétique de "sévère" et parlent même de "bombe génétique" pour décrire la situation. La population actuelle d'ours bruns dans les Pyrénées est issue à 90% de seulement deux femelles et un mâle, ce qui entraîne un manque de diversité génétique critique.

L'association Pays de l'Ours - Adet, qui a commandé une étude complémentaire sur le sujet, met en garde contre le risque de "vortex d'extinction". "Les fragilités structurelles de la population d'ours menacent sa viabilité à moyen terme", alerte l'organisation. Les conséquences de cette consanguinité se manifestent déjà par une réduction significative de la taille des portées et une baisse du taux de survie des oursons.

Des perspectives contrastées pour l'avenir

Si la courbe démographique actuelle se maintient, les projections indiquent qu'un plateau pourrait être atteint entre 2035 et 2040, avec une population estimée entre 400 et 500 individus. Ce chiffre représenterait la capacité maximum d'accueil de la chaîne des Pyrénées, selon les études réalisées par le bureau d'études LDgenX et l'université de Bordeaux.

Face à cette situation, l'association Pays de l'Ours - Adet exhorte les autorités à passer de la contemplation des courbes d'effectifs à une action concrète de restauration génétique. L'organisation demande une réintroduction d'une trentaine d'ours d'ici 2040 pour enrayer le processus de dégradation génétique, le dernier lâcher datant de 2018.

L'État a commandé sa propre étude sur le sujet, dont les résultats complets sont attendus à la fin de l'année. Parallèlement, il est intéressant de noter que la courbe du redressement démographique ne correspond pas automatiquement à celle du nombre d'attaques sur cheptel domestique. Ces dernières ont même tendance à diminuer depuis 2018, avec 321 attaques recensées en 2025.

Il convient de préciser que le chiffre de 108 ours correspond à l'effectif minimal retenu (EMR). Les estimations plus complètes suggèrent que le nombre réel d'ours dans les Pyrénées se situe actuellement entre 109 et 143 individus, confirmant ainsi la tendance positive mais fragile de cette population emblématique du massif.

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