À Saint-Herblain, la galerie du Sillon de Bretagne se vide de ses commerces
Saint-Herblain : la galerie du Sillon de Bretagne agonise

Symbole du commerce triomphant des années 1970, la galerie du Sillon de Bretagne, à Saint-Herblain (Loire-Atlantique), se vide peu à peu de ses enseignes. Entre abandon dénoncé par les commerçants et vaste projet de transformation urbaine, le quartier s’interroge sur son avenir.

Une galerie fantomatique

Sur les 50 surfaces commerciales, seules six sont encore ouvertes. Le pharmacien, installé depuis 2023, énumère les fermetures : April, Jeff de Bruges, la coiffeuse, le pressing, Bréal... Il soupçonne une stratégie délibérée pour fermer une partie de la galerie, avec moins de ménage, d'électricité et de musique.

Des équipements en panne

En cette mi-mai, l'ascenseur menant au parking souterrain est en panne, tout comme les tapis roulants vers l'hypermarché. Les clients peinent à pousser leurs chariots. Une cliente plaisante : « Encore heureux qu’il y a un peu de bruit, sinon on pourrait avoir peur des fantômes. »

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La vendeuse de la parfumerie, elle, ne rit pas. Elle déplore que les articles nuisent à leur activité : « On a des clients fidèles, on tient bon, on s’accroche. » Elle assure qu'il n'y a pas d'insécurité dans le quartier.

Des promesses non tenues

Guillaume, né dans l'immeuble il y a près de 50 ans, se souvient de l'époque où tout Nantes venait ici. Il dénonce des années de promesses de travaux jamais réalisés : « Rien n’est clair, les gens qui bossent à l’intérieur ne sont au courant de rien. »

Le directeur d'Auchan renvoie vers Nhood, propriétaire de la galerie, qui ne répond pas. Le pharmacien attend une réponse depuis le 6 mars. Il avait été attiré par la promesse d'un projet fort.

Un projet urbain pour 2045

La mairie de Saint-Herblain présente un projet de nouveau quartier, avec disparition de la galerie. L'échéance est fixée à 2045. Le maire Bertrand Affilé assure qu'une séance de travail a eu lieu avec le porteur de projet : « On leur a fait part de nos points de désaccord. »

Le projet prévoit de nouveaux immeubles, la réduction de l'hypermarché en supermarché et des commerces en rez-de-chaussée. « C’est la reconstruction de la ville sur elle-même », soutient l'élu. Il exclut de nouveaux logements sociaux, voulant attirer des classes moyennes pour équilibrer le quartier.

En attendant, la ville demande à Nhood de renforcer la sécurité incendie, le nettoyage et d'enlever les épaves de voitures. « On leur demande de donner des signes », indique le maire. Des signes qu'il n'y a pas abandon et peut-être un avenir.

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