Adoptions en forte baisse, refuges saturés : la SPA d'Occitanie débordée par les abandons estivaux
Comme chaque année, les mois de juillet et août représentent la période la plus intense pour les refuges de la Société Protectrice des Animaux (SPA). Malheureusement, l'été 2025 n'a pas dérogé à la règle, avec un nombre élevé d'abandons d'animaux dans les huit sites de la SPA en Occitanie, qui croulent sous les demandes. À l'échelle nationale, la SPA dénombre 7 628 animaux abandonnés durant ces deux mois. En Occitanie, l'association recense environ 636 prises en charge, qu'il s'agisse d'abandons volontaires ou de réquisitions judiciaires, selon Sandrine Biben, responsable régionale de la SPA.
« Il n'y a pas vraiment de forte augmentation, explique-t-elle. On reste stable. Ce qui conditionne les chiffres, ce sont nos places, qui sont liées aux adoptions. » Or, ces adoptions ont « fortement baissé », déplore Sandrine Biben.
Canicule et incendies freinent les visites
Plusieurs facteurs expliquent cette baisse des adoptions. D'abord, la conjoncture économique : posséder un animal engendre des coûts quotidiens. « Particulièrement en Occitanie, nous avons été fortement impactés par la canicule. Quand il fait plus de 40 degrés, on n'a pas envie de se promener dans un refuge animalier », souligne la responsable. La région a également subi de nombreux incendies, notamment dans l'Aude, « avec l'incapacité du public de circuler et le risque de faire transiter des animaux ».
L'association constate aussi une arrivée plus tardive des portées de chatons, entraînant une baisse de 12 % des adoptions de chats cet été. En raison des soins prodigués par la SPA, ces chatons ne sont pas disponibles à l'adoption pendant l'été. « On espère que ces adoptions soient simplement différées et qu'elles aient lieu en septembre, octobre ou novembre », indique Sandrine Biben. En revanche, les adoptions de chiens sont en hausse de 2 %. « Les gens nous font confiance et viennent adopter en refuge plutôt qu'en élevage », se réjouit-elle.
Listes d'attente pour les abandons
Les animaux requis par la justice, souvent maltraités, nécessitent des soins plus importants après avoir vécu dans des conditions « absolument déplorables ». Depuis le Covid, on observe une explosion des syndromes de Noé, une maladie psychiatrique poussant à posséder un trop grand nombre d'animaux (20, 25, voire plus), souvent des chats. La multiplication des réseaux d'achat d'animaux moins chers, comme Le Bon Coin, n'affecte pas directement les adoptions, mais « si l'on n'a pas moins d'adoptions dues à ce phénomène, on a beaucoup plus d'abandons ».
Alors que Noël approche, Sandrine Biben rappelle : « Le chaton ou le chiot dans le carton, ça existe encore et ce seront nos abandons de juillet prochain. Aujourd'hui, on n'a pas de moment dans l'année où l'on se dit qu'on a beaucoup de place et qu'on peut s'occuper des animaux plus calmement. » Elle remercie tous les bénévoles et familles relais pour leur implication.



