Le tribunal de commerce de Lille a homologué le 28 juillet 2024 le plan de continuation de la société Okaidi, spécialisée dans le prêt-à-porter pour enfants. Cette décision met fin à deux années de procédure de redressement judiciaire, ouvert en juillet 2022, et permet à l'entreprise de poursuivre son activité sous la direction de son actionnaire, le groupe IdGroup.
Un plan de continuation sur dix ans
Le plan validé par le tribunal prévoit un remboursement de 60% des dettes sur une période de dix ans, selon le communiqué de la direction. Au total, ce sont 280 emplois sur les 500 que comptait l'entreprise en 2022 qui sont conservés, soit un taux de maintien de 56%. Les 120 magasins maintenus représentent 60% du parc initial, qui en comptait 200 avant la procédure.
« Cette issue est le fruit du travail collectif des salariés, des fournisseurs et des partenaires financiers. Nous allons pouvoir reconstruire l'entreprise sur des bases saines », a déclaré le PDG d'Okaidi, François Montagnon, cité dans le communiqué.
120 magasins sauvés
Les 120 points de vente conservés sont principalement situés dans les centres commerciaux des grandes agglomérations françaises, ainsi que dans les zones commerciales périurbaines. La direction a précisé que les 80 magasins fermés l'ont été « en raison de leur faible rentabilité ou de l'évolution des habitudes de consommation ». Aucun nouveau magasin n'est prévu dans l'immédiat.
Le plan prévoit également un recentrage sur le online, qui représente désormais 30% du chiffre d'affaires, contre 15% avant la crise. L'effectif de l'enseigne sera de 280 salariés, dont 80 au siège social à Lille. Les autres postes sont répartis entre les magasins et la logistique.
La réaction des syndicats
Les syndicats, majoritairement représentés par la CFDT et FO, ont accueilli la décision avec soulagement, tout en restant prudents. « C'est une bonne nouvelle pour les 280 salariés qui gardent leur emploi, mais nous restons vigilants sur la mise en œuvre du plan et le respect des engagements pris, notamment en matière de maintien de l'emploi », a indiqué Émilie Lefèvre, déléguée syndicale CFDT.
Elle a ajouté : « Nous regrettons toutefois que 220 postes aient été supprimés. La direction a privilégié une restructuration lourde, sans véritable plan social alternatif. » La CGT, minoritaire, a dénoncé « une casse sociale déguisée » et promet de suivre de près l'application du plan.
Impact sur le secteur et perspectives
Okaidi, qui faisait partie du groupe IdGroup depuis 2016, avait été placée en redressement judiciaire après une baisse continue de ses ventes, accentuée par la concurrence des marques de fast-fashion et des plateformes de vente en ligne. La crise du pouvoir d'achat avait également fragilisé la clientèle familiale.
Avec ce plan, la marque espère renouer avec la croissance dès 2025. La direction table sur un chiffre d'affaires de 60 millions d'euros pour l'exercice en cours, contre 48 millions en 2023. Un investissement de 5 millions d'euros est prévu pour la rénovation des magasins et le développement du site e-commerce.
Ce sauvetage partiel d'Okaidi illustre les difficultés du secteur du textile en France, où les marques de prêt-à-porter traditionnelles peinent à s'adapter aux nouvelles tendances. Selon la Fédération de la mode et de l'habillement, 15% des magasins de vêtements en France ont fermé depuis 2020. Okaidi est l'une des rares enseignes pour enfants à avoir évité la liquidation.



