Ramsay Santé rénove le Cers à Capbreton et lance un label international
Ramsay Santé rénove le Cers et lance un label international

Le Centre européen de rééducation du sportif (Cers) de Capbreton, navire-amiral du groupe Ramsay en matière de sport-santé, a dévoilé ses améliorations après deux années de travaux. Il lance également à l'international un label "Cers" pour exporter l'expertise acquise dans les Landes.

Une rénovation de 6 millions d'euros

Sa façade de briques rouges, immédiatement identifiable, fait face à l'océan depuis bientôt trente-cinq ans, sur le front de mer de Capbreton. Le Cers fait tellement partie du décor qu'on pourrait ne pas prêter attention aux outrages du temps et à l'action hautement corrosive des embruns salés qui l'assaillent hiver après hiver. Perturbé dans son fonctionnement pendant plus de deux ans pour d'importants travaux de restructuration, notamment des 120 chambres qui accueillent chaque année 3 200 séjours, des salles de bains, le remplacement des réseaux d'eau chaude sanitaire, la rénovation des coursives ainsi que le changement de l'ensemble des fenêtres, l'heure était en cette dernière semaine d'avril 2026 à l'inauguration des travaux, en présence du directeur général du groupe Ramsay, Jérôme Brice.

« Depuis 1991, le Cers s'est bâti une réputation qui dépasse largement nos frontières, estime-t-il. Sportifs de haut niveau, professionnels des secours, militaires, forces de l'ordre ou danseurs professionnels, ils viennent tous ici pour la même raison : ils trouveront cette combinaison d'expertise médicale, d'intensité de rééducation et d'exigence du résultat. »

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Entraînant seize mois de fermeture partielle, ce chantier aura coûté 6 millions d'euros d'investissements en fonds propres, sans subventions ni aide extérieure. Le directeur de l'établissement, Vincent Delcros, confirme l'ampleur de l'intervention : « Nous avons dû déplacer des patients, réorganiser des équipes et maintenir la qualité des soins dans des conditions parfois difficiles. L'hôtel Baya, pendant plusieurs mois, a accueilli nos patients, après avoir équipé les chambres en accord avec l'Agence régionale de santé (ARS), avec un appel malade et des lits d'hôpitaux de 220 par 120 centimètres pour accueillir les plus gros gabarits, des veilleurs, etc. »

Des résultats olympiques impressionnants

Dans les chambres rénovées, on retrouve aujourd'hui les mêmes caractéristiques : « Toutes les colonnes d'arrivée d'eau étaient rongées par le sel. On a rénové les 120 chambres, quatre par quatre, pour pouvoir continuer d'accueillir des athlètes, notamment en période de préparation aux Jeux olympiques. » Le directeur général du groupe Ramsay Santé le confirme : « Un signe de l'engagement du groupe dans cette recherche d'excellence, 80 athlètes sélectionnés pour les JO sont passés chez nous et ont récolté 30 médailles. »

Des tensions sociales pendant les travaux

Le directeur de l'établissement reconnaît également que ces travaux ont eu des conséquences sur les conditions de travail des salariés : « Ces deux années n'ont pas été sans turbulences. Une rénovation d'une telle ampleur, dans un établissement en activité, avec tous les enjeux humains et économiques que cela implique, ça crée des tensions et certaines de ces tensions se sont exprimées au-delà des murs du Cers. »

On se souvient en effet d'une grève de vingt-quatre jours, en juillet 2025, conduite par le syndicat CFDT Sociaux des Landes, avec pour principale revendication l'amélioration de ces conditions de travail, « par une régulation du nombre d'hospitalisations en constante augmentation. » Vincent Delcros considère que l'épisode était avant tout lié aux travaux : « Ce que je retiens, c'est d'abord la solidité des liens que nous avons construits. L'établissement soigne, investit et crée des emplois, dans une ville qui l'accueille et le soutient. Cette rénovation bénéficiera directement aux patients et au personnel, mais n'aura, je tiens à le préciser, aucun impact positif sur notre rentabilité. »

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Un label « Cers » pour l'international

Espaces extérieurs, piscines de balnéothérapie, récupération : les athlètes passent trois semaines intensives sur place, alternant les séances de travail et de récupération, pour reprendre au plus vite de la masse musculaire. « Nous avons 146 lits et une quarantaine de places de jour. On a beaucoup plus de demandes que de places, la Seine-Saint-Denis, avec ses 200 000 licenciés, dont 40 000 en football, est le département qui nous envoie le plus de joueurs professionnels. Nous avons développé une entité à Saint-Raphaël (Var), mais nous envisageons d'aller plus loin. »

Jérôme Brice dévoile en effet un projet plus ambitieux : « Ramsay Santé a construit au fil des années une expertise solide en médecine du sport, qui couvre l'ensemble du parcours de soins, de la prévention à la chirurgie, de la rééducation à la reprise d'activité. Nous avons, dans notre réseau d'établissements en Europe, une référence, le Cers, et notre ambition est d'en faire une marque et un label de qualité en sport-santé. Ce qui s'est construit ici n'a pas vocation à rester isolé. »

L'hommage de Claude Onesta

L'inauguration de ces travaux était l'occasion de recueillir le témoignage de Claude Onesta, l'entraîneur et joueur qui a fait les grandes heures du handball français. « Les gens ne perçoivent pas en quoi les athlètes de haut niveau sont de mauvais patients : pour quelqu'un qui est en pleine forme et qui par sa puissance exprime ce qu'il est, il n'y a rien de pire que la blessure. Son monde s'écroule, il est alors livré à lui-même dans un environnement qu'il ne connaît pas bien, avec des inquiétudes sur sa capacité à retrouver son meilleur niveau. Vous avez donc des gens qui sont dépressifs, vous allez réparer des corps, mais pas seulement. Vous êtes indispensables à la carrière des sportifs et à la performance », a-t-il salué.