J’adore les couleurs du printemps. « Ah… c’est magnifique ! », disait ma mère, du Chili. « C’est la vie en rose, ma fille. Profite bien ! ». Puis, elle raccrochait. Tandis que la presse parle de guerre ou du politique le plus râleur, une mauvaise situation est née et personne ne s’arrête pour y réfléchir. Ces jours-ci, après chaque coucher du soleil, une attaque silencieuse s’approche.
Une menace régionale
Ce n’est pas seulement Bordeaux, la Nouvelle-Aquitaine tout entière est sous la menace. Chaque fois que les couleurs anxieuses et joyeuses de la nature explosent et que la pluie nous surprend, dépourvus de nos vêtements, ils sont là, à attendre, patients, que l’heure d’attaquer arrive. Ils veillent, comme des soldats de la nuit et de l’ombre, les plus létaux, dangereux et silencieux.
Des assauts quotidiens
Ils sont là, préparant leur ronde pour sortir et nous blesser. Même si la peau est douce et jeune, ou ridée par les années qui passent, la bataille les passionne. Les moustiques ne se reposent jamais, moi non plus. J’ai été victime : un sourcil, un bras, la main, la jambe, le visage. Au lever du soleil, ils rentrent chez eux avec le bonheur d’une soirée réussie.
Malgré les pertes (« soldats morts »), ils se félicitent d’avoir, à quelques mètres de distance, tout ce dont ils ont besoin pour mener une vie pleine. Cette invasion printanière, bien que banale en apparence, mérite une attention particulière tant elle impacte notre quotidien et notre santé.



