Le Festival de télévision de Monte-Carlo ouvre sa première compétition digitale
Pour sa 65ᵉ édition, qui se déroulera du 12 au 16 juin 2026 au Grimaldi Forum, le Festival de télévision de Monte-Carlo franchit une nouvelle étape en lançant officiellement sa première compétition digitale. Un an après avoir remis un prix honorifique au YouTubeur Squeezie, neuf programmes venus du monde entier sont désormais en lice pour décrocher les deux premières Nymphes d’Or de cette catégorie. Cette initiative marque l’ouverture du festival aux nouveaux modes de création numérique.
Un format inédit et neuf prétendants
La préparation de cette compétition a débuté bien avant le festival. Un comité de présélection a visionné l’ensemble des quelque 80 candidatures reçues, toutes langues et tous formats confondus. « Pour une première, c’est un bon bilan », estime Cécile Menoni, directrice exécutive du Festival. Neuf programmes ont finalement été retenus pour concourir aux deux premières Nymphes d’Or de la catégorie « Digital ». La première récompensera la meilleure création digitale originale, tandis que la seconde distinguera la meilleure création digitale non scénarisée, mettant en avant des formats sans acteur ni scénario pré-écrit, valorisant les réactions spontanées.
La France est bien représentée avec trois productions : « 8 h de maquillage pour devenir un lézard ! », « La face cachée de l’aéroport CDG la nuit » et « Morbid Curiosity », produit par Webedia et Elephant Adventures. La compétition est également internationale, avec des programmes venus du Royaume-Uni (« Controlled : Can I Trust My Partner ? »), d’Allemagne (« How Indian Students End Up Exploited in Germany », de Deutsche Welle) ou encore de Corée du Sud (« Next-Door Families – What Makes a Family ? »).
Des millions de vues et une reconnaissance nécessaire
Pour Cécile Menoni, le niveau des productions nativement digitales n’est plus à démontrer. Elle cite en exemple Kaizen, le documentaire du créateur Inoxtag consacré à son ascension de l’Everest : sorti en septembre 2024, il a pulvérisé les records de YouTube en France avec plus de 14 millions de vues en 24 heures, après avoir attiré quelque 350 000 spectateurs en salles. « C’est dommage qu’il soit sorti avant la compétition, parce qu’il aurait très bien pu y participer et rentrer dans le format », regrette-t-elle.
Laurent Puons, vice-président délégué du Festival, partage cette conviction : « La création de ce prix était importante. Quand on voit les millions de vues que peuvent réaliser des contenus sur YouTube et les réseaux sociaux, ou la qualité des documentaires qui y sont produits maintenant, qui sont de véritables productions, on ne peut pas faire sans. »
Un jury de prestige
Pour ce jury inaugural, Susanne Daniels, ancienne directrice générale du contenu original chez YouTube, assurera la présidence, aux côtés du réalisateur et producteur britannique Luke Hyams. Le troisième membre du jury est le Français Morgan Niquet, connu sous le pseudonyme Morgan VS. Avec plus de 1,3 million d’abonnés, il incarne cette génération de créateurs que le Festival entend désormais reconnaître à part entière.
Ouvrir le festival à de nouveaux publics
Au-delà de la compétition, l’enjeu est aussi générationnel. « Les jeunes ne regardent plus la télé, c’est sûr. Ils sont sur les plateformes de streaming. Mais ils sont aussi beaucoup sur YouTube ou Twitch », observe Cécile Menoni, pour qui intégrer la création digitale à la compétition est une manière d’accompagner cette mutation, pas de la subir. Pour l’avenir, la directrice exécutive n’exclut pas d’aller plus loin, notamment en projetant des contenus digitaux en avant-première dans le cadre du Festival. « Il faut qu’on se laisse encore un peu de temps pour asseoir la compétition. Mais pourquoi pas ? »
Les deux premières Nymphes d’Or de la catégorie seront remises lors de la cérémonie de clôture, le 16 juin au Grimaldi Forum.



