Le streamer Twitch Monodie, de son vrai nom Edouard Lesellier, a bouclé son défi sportif ce dimanche 1er août. Parti le 1er avril 2026 du parvis de Notre-Dame, il a parcouru plus de 7 800 kilomètres à travers neuf pays d'Europe en 123 jours, à vélo, pour collecter des dons pour la Ligue contre le cancer. Au total, il a récolté 120 000 euros.
Un défi de mémoire pour sa sœur
Agé de 34 ans, Monodie a entrepris ce voyage en hommage à sa sœur, décédée en 2020 d'un cancer du poumon. « C'est un devoir de mémoire envers elle », a-t-il confié à 20 Minutes. Il souhaitait ainsi poursuivre le deuil et lui rendre hommage, car elle lui a redonné envie de vivre.
L'idée est née après son précédent défi, Paris-Marseille, qui lui avait permis de commencer son deuil. Pour ce nouveau défi, il a préparé le parcours en seulement deux mois, ce qu'il reconnaît comme une erreur : « On n'était pas assez préparés. » Malgré les difficultés, il compte bien réitérer l'expérience, avec un nouveau projet déjà en préparation.
Des étapes difficiles au Portugal et en Espagne
Le périple a été marqué par des moments de doute, notamment au Portugal et en Espagne. L'étape la plus difficile a été celle entre Porto et Santa Cruz da Trapa, la plus longue avec le plus de dénivelé, durant huit heures. Le mental a complètement craqué quatre jours après Madrid, lorsqu'il a plu abondamment et que la chaîne de son vélo a cassé à cause du sable des chemins de terre.
Ne sachant pas la réparer et n'ayant pas la bonne chaîne, il a tenté de bricoler, mais sans succès. Épuisé physiquement et mentalement, il a répété « J'ai envie de tout arrêter ». C'est alors qu'un membre de son équipe, qui avait réalisé le tracé, lui a conseillé de couper le live Twitch pour éviter de s'énerver en direct. Sa mère, qui l'accompagnait, a ramené tout le matériel dans sa Twingo, et le lendemain, une petite boutique de vélo a tout réparé.
Des rencontres marquantes et un soutien familial
Malgré ces difficultés, Monodie a vécu des moments forts, notamment en Espagne où une famille l'a hébergé pour une nuit. Dans un village perdu, ils ont été accueillis comme des membres de la famille. Au moment du départ, la famille a refusé qu'il paie. Le mari, en larmes, avait lui aussi perdu quelqu'un à cause du cancer, et c'était sa manière de soutenir Monodie. « Je n'arrête pas de dire qu'il faut que je les rappelle », a-t-il confié, espérant retourner les voir.
Sa mère l'a accompagné tout au long du voyage, après avoir pris le relais de son père à Madrid. Initialement, il devait voyager seul, mais le poids de son équipement – une poussette de près de cinquante kilos – l'a obligé à revoir ses plans. « Je pense que c'était une chance pour elle et pour moi de vivre ça », a-t-il déclaré, soulignant la fierté de sa mère.
Un bilan positif malgré la fatigue
À son arrivée à Notre-Dame, Monodie a retrouvé des amis venus de toute la France, une surprise qui l'a ému. « J'ai cru que je rêvais », a-t-il avoué. Malgré la fatigue et les moments de doute, il se dit content d'être rentré, même si « dès le lendemain, ça m'a manqué ». Il décrit une relation « haine-amour » avec cette aventure, mais reste déterminé à poursuivre ses défis caritatifs.
Grâce à ce défi, il a récolté 120 000 euros pour la Ligue contre le cancer, une somme qui contribuera à la recherche et au soutien des malades. Monodie envisage déjà de nouveaux défis, mais il n'a pas souhaité en dévoiler les détails.



