À l'ère des médicaments amaigrissants comme Ozempic, les marques de mode réduisent progressivement leur offre de grandes tailles, un phénomène qui inquiète les défenseurs de l'inclusivité. Selon une enquête du Monde publiée le 22 août 2026, cette tendance marque un recul significatif par rapport aux engagements pris ces dernières années en faveur de la diversité corporelle.
Un abandon progressif des grandes tailles
Le journal Le Monde rapporte que plusieurs enseignes, autrefois pionnières dans l'extension de leurs gammes, ont silencieusement réduit la taille maximale proposée. Cette évolution coïncide avec la popularité croissante des traitements comme Ozempic, qui modifient les standards esthétiques et les attentes des consommateurs. Les marques ajustent leur production en fonction de cette nouvelle donne, privilégiant des silhouettes plus minces.
L'enquête cite l'exemple de certaines marques de prêt-à-porter qui, après avoir lancé des collections jusqu'à la taille 48 ou 50, sont revenues à des tailles maximales de 44 ou 46. Cette réduction touche particulièrement les segments du milieu de gamme, où la pression sur les coûts est forte. Les grandes tailles représentent pourtant un marché lucratif, mais les marques semblent privilégier une image associée à la minceur.
Un impact sur l'inclusivité et l'image corporelle
Cette tendance a des conséquences directes sur les consommateurs. Les personnes de forte corpulence se retrouvent avec moins de choix, ce qui renforce leur exclusion du secteur de la mode. Les associations de consommateurs et les collectifs pour la diversité corporelle dénoncent un retour en arrière, après des années de progrès en matière de représentation.
Selon le Monde, cette évolution est également liée à une pression sociale accrue en faveur de la minceur, amplifiée par les réseaux sociaux et les célébrités qui utilisent ces médicaments. Les marques, en suivant cette tendance, contribuent à normaliser des corps de plus en plus minces, au détriment de la diversité des morphologies.
Des exceptions et des résistances
Certaines marques, notamment dans le secteur du luxe et du sur-mesure, continuent de proposer des tailles étendues, mais elles restent minoritaires. Des créateurs indépendants et des marques spécialisées dans les grandes tailles tentent de combler le vide laissé par les géants du prêt-à-porter, mais leur capacité de production est limitée.
L'enquête souligne que cette situation pourrait avoir des répercussions économiques, car une partie de la clientèle se tourne vers des marques étrangères ou des plateformes en ligne plus inclusives. Les marques qui abandonnent les grandes tailles risquent de perdre une clientèle fidèle, mais elles misent sur l'attrait d'une image plus exclusive.
Un avenir incertain pour la mode inclusive
À long terme, cette tendance pourrait fragiliser les avancées en matière d'inclusivité dans la mode. Les experts interrogés par Le Monde estiment que la pression exercée par les médicaments amaigrissants et les idéaux de minceur pourrait perdurer, à moins d'une prise de conscience collective. Les consommateurs, de leur côté, ont le pouvoir de faire évoluer les choses en exigeant une offre plus diverse.
Le Monde conclut que cette évolution reflète un changement plus large dans la société, où la quête de minceur, facilitée par les traitements médicaux, redéfinit les normes de beauté. L'industrie de la mode, en suivant cette vague, pourrait voir ses engagements en faveur de la diversité s'éroder, avec des conséquences durables sur la représentation des corps dans l'espace public.



