À Nice, une marche parodique contre le surtourisme avec des slogans ironiques
Marche parodique contre le surtourisme à Nice

Une marche parodique pour dénoncer le surtourisme à Nice

Le collectif Alliance écologique et sociale (AES) a organisé une marche contre le surtourisme le dimanche 7 juin 2026 à Nice, sur la promenade des Anglais et dans le Vieux-Nice. Les participants ont brandi des slogans ironiques tels que « Vive les boîtes à clés », « Plus de profits, moins d’écologie », « Mon hélico, mon choix » ou encore « Gardez l’eau pour les touristes ».

Un humour pour interpeller

Camille Sautel, coordinatrice du collectif, explique : « Il y a dix jours, nous avons déployé une banderole sur la tour Bellanda et lancé une pétition. Nous avons eu pas mal de réactions positives. Nous sommes là pour dénoncer les méfaits du surtourisme. L’an dernier, l’aéroport a enregistré 15 millions de passagers et compte poursuivre sa croissance. Or, Nice n’arrive pas à absorber ces flux. Les habitants peinent à se loger, les transports en commun sont bondés, les nappes phréatiques s’assèchent. »

Elle précise : « Nous ne sommes pas contre l’industrie du tourisme, nous sommes parfaitement conscients qu’elle fait vivre beaucoup de monde ; en revanche nous ne voulons pas que ça nous mette dans une situation de vulnérabilité. Nous en sommes trop dépendants et nous encaissons trop de retombées délétères. »

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Le Vieux-Nice devient une coquille vide

Les participants, une quarantaine, se sont grimés en cadres dynamiques ou en vacanciers, valise à roulettes à la main, clamant avec sarcasme leur volonté de « faire passer les locaux au second plan ». Camille Sautel ajoute : « Nous jouons avec différents modes d’actions pour sensibiliser, fédérer et discuter avec les Niçois. Ils ne doivent pas être sacrifiés sur l’autel du tourisme. Notre interlocuteur principal est le nouveau maire, Éric Ciotti, qui hérite de la politique menée par son prédécesseur. Il doit entendre qu’il ne peut pas poursuivre sur cette même trajectoire au détriment de la population locale. La preuve : le Vieux-Nice est en train de devenir une coquille vide, peuplée de meublés touristiques. »

Lou, 22 ans, et Vincent, 31 ans, témoignent : « Nous n’avons qu’un engagement partiel, nous signons les pétitions. Mais il nous a semblé important de nous mobiliser aujourd’hui car nous subissons de plein fouet le surtourisme. Nous avons été en grande précarité de logement : nous vivions jusqu’à récemment dans un cabanon à la Madeleine supérieure. Notre propriétaire nous disait “Ne vous plaignez pas, vous ne trouverez rien d’autre.” Nous ne pouvons pas nous éloigner car nous poursuivons nos études à Nice. Qu’aurions-nous dû faire ? Sacrifier nos cursus respectifs et nos carrières à venir parce que les touristes sont privilégiés sur les locaux ? C’est inadmissible. Il faut stopper tout ça ! »

L’ironie pas toujours comprise

Durant la déambulation, du quai Rauba-Capeù à la place Rossetti, le second degré a parfois patiné. Une femme croisée sur le cours Saleya a demandé : « Ils disent qu’ils veulent plus de touristes ? » avant de conclure : « Ah bon… » Un participant a commenté : « Il n’y a vraiment qu’à Nice que ça ne choquerait pas que des manifestants crient : “Niçois, si t’es pas content, va-t’en, on veut plus de touristes”. » Il ajoute avec optimisme : « Ça montre bien qu’il faut se saisir de ce sujet et en montrer toutes les implications dans notre quotidien. »

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