Juliette Méadel appelle à placer l’enfance au cœur de la présidentielle
Méadel : l’enfance, matrice du projet présidentiel

À neuf mois de l’élection présidentielle, l’ancienne secrétaire d’État chargée de l’Aide aux victimes, Juliette Méadel, lance un appel collectif pour faire de l’enfance « la matrice » du prochain projet présidentiel. Dans une tribune publiée le 28 août 2026, elle et une vingtaine de premiers signataires proposent une refonte des services publics autour de trois piliers : l’épanouissement des 0-18 ans, l’investissement public et un nouveau modèle écologique. Un cycle de trois conventions doit aboutir à une feuille de route en 10 points, et une première réunion est prévue à Paris le 5 octobre.

Un constat alarmant sur la souffrance des enfants

Juliette Méadel, qui se présente comme « avocate, magistrate, universitaire, deux fois ministre », estime que « la menace c’est l’absence de projet politique à la hauteur des bouleversements que nous sommes en train de vivre ». Elle cite notamment « l’enfance sacrifiée, la jeunesse en danger, le dérèglement climatique, la crise de la biodiversité, la dette abyssale, l’instabilité mondiale, le développement incontrôlé de l’intelligence artificielle » et la fragilité de la démocratie.

Pour étayer son propos, elle avance des chiffres précis : en 2024, 34,3 % des enfants de 1 à 15 ans, soit plus de 3,7 millions d’enfants, subissent au moins une privation (repas équilibrés, chauffage, logement correct, soins, activités extrascolaires, vacances). À cela s’ajoutent les 160 000 victimes de violences sexuelles chaque année, sans compter les violences physiques, le harcèlement, les troubles psychiques, la pollution ou les addictions aux écrans.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

« Dans chaque génération, plusieurs millions d’enfants voient leur santé, leur sécurité ou leur développement sérieusement compromis », affirme-t-elle, ajoutant qu’« il est vraisemblable qu’avant l’âge adulte, plus d’un enfant sur deux aura été confronté à au moins une adversité importante ».

Des drames révélateurs d’une incapacité collective

L’ex-ministre pointe du doigt les affaires récentes, comme celles du périscolaire parisien révélées depuis 2025 ou le meurtre de Lyhanna en juin dernier. Selon elle, ces drames « disent moins une indifférence de l’opinion qu’une incapacité collective persistante à faire de la protection et du bien-être des enfants une priorité politique ».

Elle critique une gouvernance qui « attend que les crises éclatent » et un service public devenu « un immense service de réparation ». « Un pays qui attend que les crises éclatent est un pays qui renonce à gouverner », insiste-t-elle.

Trois piliers pour un nouveau projet de société

Le texte propose une réorganisation complète de l’éducation, de la santé, des politiques sociales et familiales, avec un objectif unique : « l’épanouissement des 0-18 ans ». Le système éducatif devrait notamment développer l’esprit critique, la culture artistique, la coopération et l’engagement pour la démocratie.

Le deuxième pilier vise à « dépenser mieux l’argent public » en combattant les niches fiscales et les aides incontrôlées, et en investissant massivement dans l’éducation, la santé, la recherche et l’innovation, notamment pour maîtriser la révolution de l’intelligence artificielle.

Le troisième pilier appelle à un « nouveau modèle politique, culturel, écologique et économique » fondé sur « l’économie de la vie » : éducation, prévention, mobilité durable, agriculture durable, alimentation bio, eau saine, logement durable, recyclage. « La France a son mot à dire et pourrait être à l’avant-garde des nations », estime le collectif.

Un calendrier concret jusqu’à la présidentielle

Pour donner corps à cette vision, les signataires lancent un cycle de trois conventions, une par thème, qui aboutira à une feuille de route en 10 points. La première réunion de travail aura lieu à Paris le 5 octobre, en vue de préparer les « États généraux de l’enfance ».

Les signataires appellent les candidats à l’élection présidentielle à se saisir de cette feuille de route. « Pour changer le monde, commençons par rendre nos enfants heureux. Maintenant ! », concluent-ils.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Parmi les premiers signataires figurent Jacques Attali, Charles Berling, Gaël Brustier, Véronique Cayol, Maurice Corcos, Bernard Golse, Caroline Goldman, Ghada Hatem-Gantzer, Christophe Kerrero, ou encore Jean-Marc Merriaux.