Laits contaminés : un rapport épingle l'État et les industriels
Laits contaminés : rapport critique l'État et industriels

Une gestion critiquée

La gestion de la crise des laits infantiles contaminés fin 2025 révèle des lacunes majeures de l’État et des industriels, selon un rapport parlementaire publié ce mardi 19 mai. Les députés critiquent des alertes tardives et un contrôle défaillant de l’ingrédient chinois suspect, et émettent 14 recommandations.

Cette affaire avait débuté en décembre 2025 avec le rappel par Nestlé de dizaines de lots dans une soixantaine de pays à cause de la présence potentielle de céréulide, une toxine pouvant provoquer des vomissements dangereux chez un nouveau-né. Elle s’est ensuite amplifiée avec une cascade de rappels similaires par des industriels comme Danone ou Lactalis, mais aussi de plus petits acteurs, jusqu’en février dernier. Le point commun : un ingrédient – une huile riche en acide arachidonique (ARA) – fourni par le même sous-traitant chinois.

Des autocontrôles remis en cause

Les députés s’interrogent sur la réalité des contrôles mis en place par le fournisseur chinois et déplorent les moyens limités des autorités de contrôle, qui conduisent à se reposer de manière croissante sur les autocontrôles des industriels. Selon la députée Mathilde Hignet, co-rapporteure, Nestlé a appris la contamination le 24 décembre mais n’a informé les industriels que le 30 décembre et les autorités françaises le 5 janvier. Les rapporteurs estiment qu’il aurait fallu rappeler d’emblée tous les lots contenant l’huile ARA en provenance du fournisseur chinois, plutôt que d’attendre les résultats des analyses. Ils pointent également la communication tardive des autorités, qui ont mis 17 jours pour envoyer un message aux professionnels de santé.

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Conséquences sanitaires incertaines

Les conséquences sanitaires restent incertaines. En France, trois décès de bébés ayant consommé un lait rappelé ont été initialement signalés, mais pour deux d’entre eux, la responsabilité du lait a été écartée. Le rapport émet quatorze recommandations pour l’avenir, notamment mieux encadrer les matières ajoutées comme l’huile ARA, renforcer les contrôles indépendants financés par les industriels, et améliorer les procédures d’alerte quand un aliment destiné aux enfants est en cause.

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