Ouvert en 2017 dans le quartier Clemenceau, La Cagette est un supermarché coopératif qui compte plus de 6 000 sociétaires. Son succès repose sur un modèle coopératif et innovant, véritable ruche d'activité.
Un modèle coopératif unique
Implanté dans le quartier Clemenceau depuis 2017, La Cagette ne désemplit pas. Ce supermarché coopératif fourmille à toute heure. Ils sont désormais 6 150 sociétaires, dont la moitié est active : ils font leurs courses et consacrent trois heures par mois au bon fonctionnement du magasin. "Ceux qui partent, étudiants entre autres, demeurent sociétaires", explique Charles Godron, en charge de la communication.
Tout a démarré en 2015 à partir d'un constat partagé par une poignée de riverains : "Difficile voire impossible d'accéder à une alimentation de qualité et une juste rémunération des producteurs." Le choix de la coopérative s'impose : suppression des intermédiaires, marge fixe (23 %) sur l'ensemble des produits, zéro bénéfices. "Tout est réinvesti dans la Cagette." L'enseigne compte désormais huit salariés à temps plein.
Du bio et du local, mais pas que
Ce mardi, en milieu d'après-midi, chacun vaque à ses occupations. Au poste d'accueil, une jeune coopératrice s'assure que chacun scanne bien son badge avant d'aller faire ses courses. Meije, au rayon des confitures, est passée à travers le filtre. Elle n'a pas compris qu'il fallait d'abord adhérer. Qu'à cela ne tienne, elle est partante. "Tout ce qui est bio, local et participatif m'intéresse, explique la jeune femme qui vient d'emménager dans le quartier. Je me reconnais dans ces valeurs. Cela correspond à l'adulte que j'ai envie de devenir." Conquise, elle va adhérer.
Xavier, architecte retraité, est partie prenante depuis le début. Très impliqué dans le comité post-accueil du magasin, il ne se considère plus comme un consommateur lambda. "On a une certaine maîtrise de ce qui nous est nécessaire au quotidien. L'essentiel des fruits et légumes provient de producteurs locaux, ce sont eux qui fixent les prix."
Créer du lien, première motivation
Nicolas, lui, effectue son bénévolat de trois heures. "On a une liste de tâches à réaliser par créneau. Je lave les pelles pour éviter les allergies. Je fais du nettoyage, je sors les poubelles, je remets les produits en place ou vérifie les prix." Devenu coopérateur il y a deux ans, il plébiscite le modèle coopératif. "J'aime bien le côté communautaire", confie ce "bavard".
Créer du lien est d'ailleurs la première motivation des adhérents, rappelle Charles Godron. Marie, retraitée, fait partie des piliers. "C'est une piste pour échapper à l'inféodation à la grande distribution. On est souvent moins chers sur les fruits et légumes, on connaît chaque producteur dans les yeux, ça change tout." L'habitante de Figuerolles tape dans la main de jeunes au détour de chaque rayon. "La Cagette mixe les gens comme nulle part ailleurs. Tout le monde se parle." C'est un peu comme faire les courses entre potes.
Un avenir prometteur
En 2027, La Cagette prendra une nouvelle ampleur. Son déménagement prévu cours Gambetta va lui permettre de doubler la surface. De quoi embarquer de nouveaux Montpelliérains dans l'aventure.



