Jean-Marc Governatori déploie une stratégie offensive pour promouvoir le covoiturage niçois
Jean-Marc Governatori, adjoint au maire de Nice à l’Environnement et vice-président de la Métropole Nice Côte d’Azur délégué au covoiturage, a présenté ce mardi 21 avril 2026 un ensemble de mesures ambitieuses visant à développer massivement le covoiturage sur le territoire métropolitain. Lors d’une conférence de presse tenue à la mairie, l’élu écologiste a détaillé un plan d’action concret pour lutter contre l’autosolisme, qu’il identifie comme une source majeure de problèmes économiques, environnementaux et sociaux.
Un constat alarmant sur l’autosolisme niçois
« Dans notre Métropole, il y a 330.000 véhicules immatriculés. Sur ces 330.000 véhicules, 250.000 roulent chaque jour, dont 180.000 avec une seule personne à bord, c’est incroyable », a déploré Jean-Marc Governatori. Il a souligné que selon la plateforme BlaBlaCar, Nice n’occupe que la 26e place nationale en matière de covoiturage, une position jugée « très mauvaise » avec des conséquences néfastes sur le pouvoir d’achat, la congestion routière et la pollution atmosphérique.
L’objectif affiché est de convaincre, dans un premier temps, 10% des 180.000 automobilistes solitaires, soit 18.000 véhicules, d’adopter le covoiturage. Cette transition permettrait d’économiser environ 30.000 tonnes de CO2 par an, contribuant ainsi significativement à la réduction de l’empreinte carbone locale.
Des actions ciblées pour une mobilisation générale
Le plan de Jean-Marc Governatori repose sur une approche décentralisée et participative. « Nous allons travailler avec chaque entreprise métropolitaine, avec chaque copropriété, chaque quartier, chaque club sportif », a-t-il annoncé. Parmi les mesures phares :
- La création de groupes WhatsApp dédiés au covoiturage au sein des organisations, animés par des référents bénévoles.
- Une sollicitation des 13.000 agents de la Métropole dès le mois de mai pour les inciter à covoiturer.
- Un partenariat avec les centres commerciaux et grandes surfaces pour diffuser des messages audio promotionnels quotidiens.
- Un rendez-vous déjà programmé avec l’entreprise Vishay à La Madeleine, qui emploie 350 personnes, pour initier une dynamique corporative.
Innovations et expérimentations pour faciliter la pratique
L’élu a également présenté deux initiatives originales destinées à simplifier et démocratiser le covoiturage au quotidien. D’une part, la Métropole va tester la mise en place de « lignes virtuelles de covoiturage » sur une colline niçoise volontaire. Concrètement, des totems signaleront des points de prise en charge, notamment près des arrêts de bus, permettant une forme de stop organisé et gratuit. « Ça marche bien à Lille. Pourquoi pas chez nous ? », a-t-il argumenté.
D’autre part, pour cibler spécifiquement les axes congestionnés comme ceux menant à Sophia Antipolis ou Monaco, l’association niçoise « Je covoiture » distribuera, dès mai ou juin, des tracts en papier recyclé aux automobilistes coincés dans les bouchons. Ces supports explicatifs visent à les informer sur les modalités pratiques pour s’organiser entre eux.
Un renouvellement stratégique des outils numériques
Actuellement, la Métropole dispose d’un partenariat avec BlaBlaCar via l’application BlaBlaCar Daily, qui propose une aide financière aux covoitureurs depuis 2022. Cependant, Jean-Marc Governatori regrette son « utilisation largement sous-optimale ». La convention arrivant à échéance fin 2026, il a annoncé sa mise en concurrence avec une autre application, Karos, pour sélectionner la solution la plus efficace afin de « développer le covoiturage au maximum ».
Un appel à la responsabilité collective
Face au scepticisme sur la nouveauté de ces propositions, l’adjoint a rappelé le caractère inédit de cette mobilisation publique. « C’est la première conférence de presse faite dans les Alpes-Maritimes par la puissance publique sur le covoiturage », a-t-il insisté. Il a exprimé sa détermination à transformer Nice, actuellement 26e, en leader national du covoiturage, tout en appelant les citoyens à s’engager. « J’ai besoin que la population fasse sa part. On est 26e aujourd’hui, moi je veux être premier », a-t-il conclu, invitant les personnes intéressées à contacter la Métropole par email.



