Gaspillage alimentaire : la fin des dates limites sur pâtes et riz proposée à l'Assemblée
Gaspillage : fin des dates limites sur pâtes et riz proposée

Une mesure phare pour réduire le gaspillage alimentaire en France

Ce mercredi à l'Assemblée nationale, les conclusions des États généraux du gaspillage alimentaire ont été présentées après une année complète de travaux menés sous l'impulsion déterminée du député Guillaume Garot. Cette initiative représente une avancée significative dans la lutte contre la gabegie du gaspillage qui touche notre pays.

La suppression des dates limites sur les produits secs

Parmi les principales mesures annoncées figure en tête la suppression progressive des dates de durabilité minimale (DDM) sur certains produits secs non périssables. Cette proposition concerne spécifiquement les pâtes alimentaires, le riz et diverses céréales, des aliments dont la durée de conservation est particulièrement longue.

« Il y a des produits secs qui ont une durée de vie très longue, les pâtes, le riz, les céréales. Faisons en sorte qu'il n'y ait plus de DDM, de date de péremption, sur ces produits-là », a déclaré avec conviction Guillaume Garot devant 200 représentants de la grande distribution, du monde agricole et de la restauration réunis pour l'occasion.

Le député a souligné l'impact concret de cette mesure : « Je vous assure, ça changera des choses pour les consommateurs », tout en rappelant que cette pratique existe déjà pour plusieurs produits comme le sucre, le vinaigre et le gros sel, sans aucun problème sanitaire constaté.

Un enjeu économique et environnemental majeur

Cette proposition intervient dans un contexte où chaque Français jette en moyenne 135 euros de nourriture encore parfaitement consommable chaque année, ce qui équivaut à près de deux semaines complètes de budget alimentaire pour un foyer moyen. Le gaspillage alimentaire représente donc un véritable gouffre économique et environnemental.

Les conclusions de ces États généraux, regroupées dans un document intitulé « Agenda 2030 », doivent déboucher sur une proposition de loi concrète dès le printemps prochain. Elles appellent également à « faire pression auprès de la Commission européenne pour demander une modification de la réglementation élargissant la liste des produits exemptés de DDM ».

Accueil favorable et autres pistes d'action

Cette orientation a reçu un accueil particulièrement favorable de la part de la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD). « On sait qu'il n'y a aucun risque sanitaire, la priorité reste le sanitaire », a indiqué Emilie Tafournel, directrice qualité à la FCD, validant ainsi le bien-fondé de l'approche proposée.

D'autres pistes complémentaires sont également avancées dans le rapport :

  • Le renforcement significatif de l'éducation à l'alimentation dans les établissements scolaires
  • La création d'une semaine annuelle dédiée à la lutte contre le gaspillage alimentaire
  • L'amélioration des incitations au don alimentaire plutôt qu'à la destruction des invendus
  • Le lancement d'une plateforme numérique spécialisée dans la prévention du gaspillage

Présent lors de la restitution officielle, le ministre délégué à la Transition écologique Mathieu Lefèvre a annoncé une extension importante du label antigaspillage. Dans les douze prochains mois, ce label sera étendu à « d'autres acteurs alimentaires », élargissant ainsi son champ d'application et son impact potentiel.

Cette série de mesures constitue donc une réponse structurée et ambitieuse au défi du gaspillage alimentaire, combinant modifications réglementaires, actions éducatives et outils innovants pour changer durablement les comportements des consommateurs et des professionnels.