Le premier long-métrage documentaire de Max Keegan, Le berger et les ours, aborde le sujet de l'ours dans les Pyrénées avec une approche minimaliste, rappelant le western mutique. Il y a trente ans, Ziva, une ourse slovène, était relâchée à Melles (Haute-Garonne) dans le cadre d'un programme de réintroduction de l'ours brun. Vingt-trois ans plus tard, Max Keegan, cinéaste anglo-irlandais, s'installe en Ariège pour se consacrer à ce sujet.
Un tournage en immersion
Le film, fruit d'un tournage long et immersif, se concentre sur Yves, un berger proche de la retraite qui cherche un successeur. Lisa, son apprentie diplômée qu'il a formée et avec qui il estive, est censée prendre la relève, mais elle craque face à la rudesse des conditions. Elle a vu les dégâts causés par les ours sur les troupeaux, mais seul Yves a vu l'ours de trop près.
Deux regards sur la nature
Parallèlement, Max Keegan suit Cyril, un adolescent passionné par la nature, qui chasse les images d'animaux sous son camouflage avec son appareil photo. Lui aussi guette l'ours, mais sous un angle différent. Le film offre ainsi deux rapports contrastés à la nature, sans jugement ni parti pris. Plutôt que de commenter, le réalisateur soigne son cadrage westernien, sa photographie esthétique, et laisse du temps et de l'espace aux habitants, à la vie, au silence.
Une ode aux territoires
Au-delà de la question sans réponse de la cohabitation complexe entre l'homme et l'ours, le documentaire est une ode aux amoureux de leur territoire, à la fois rude, fragile et sublime. Selon Jérémy Bernède de Midi Libre, le film rend compte du sujet avec le minimum de mots, façon western mutique.



