Le gouvernement a publié vendredi 7 août au Journal officiel le cahier des charges encadrant le remboursement des protections menstruelles réutilisables, destinées aux moins de 26 ans et aux femmes précaires. Ce texte, qui entrera en vigueur le 1er octobre, fixe des exigences strictes pour les fabricants : les culottes menstruelles devront notamment résister à 52 lavages et comporter trois couches pour être prises en charge par l'Assurance Maladie.
Des spécifications techniques détaillées
Selon l'arrêté, la culotte menstruelle doit être composée d'au moins trois couches : une couche drainante en contact avec la peau, en « coton biologique ou lyocell », une « couche absorbante » et une « couche imperméable antifuites ». Pour être référencée, chaque fabricant doit proposer au moins un produit avec une capacité d'absorption d'au moins 20 ml, et peut ensuite proposer d'autres modèles avec une capacité supérieure à 12 ml.
Le fabricant doit également prouver que la culotte résiste à 52 lavages minimum à une température d'au moins 30°C. De plus, il doit mettre à disposition au moins huit tailles différentes pour chaque culotte référencée, et deux tailles pour les coupes menstruelles. La prise en charge sera limitée à deux produits par an, délivrés en pharmacie.
Un remboursement partiel pour les bénéficiaires
L'Assurance Maladie remboursera entre 55 et 65 % du prix pour les femmes de moins de 26 ans, avec un reste à charge potentiellement couvert par la mutuelle. Ce dispositif concerne 6,7 millions de femmes en France, comme l'a indiqué le gouvernement.
Cette initiative vise à améliorer l'accès aux protections réutilisables, mais elle suscite déjà des réactions. Marion Goilav, cofondatrice de la marque française Elia, a exprimé ses réserves : « 52 cycles de lavage, c'est 8 mois d'utilisation, c'est de la fast fashion », a-t-elle déclaré, alors que ses culottes sont testées pour résister à « 300 lavages ».
Un cahier des charges critiqué par les fabricants français
Si elle salue l'exigence d'un test en condition réelle sur la tolérance du produit, elle regrette que ce cahier des charges « ouvre la porte à des produits offshore », principalement asiatiques, et risque de « tuer encore un peu plus » le Made in France. L'arrêté fixe à 14,40 euros hors taxes le prix de cession de la culotte menstruelle (19 euros TTC).
Un niveau de prix qui ne permettra pas, selon Mme Goilav, de maintenir une production française sur tous les volumes. « Quand on fabrique en Made in France, on est plutôt sur 9,30 euros coût de fabrication. Si je dois vendre 14,40 euros aux pharmaciens, ce n'est pas tenable », ajoute-t-elle.
Ce cahier des charges marque une étape importante dans la politique de santé publique, mais il soulève des questions sur la viabilité économique pour les producteurs locaux.



