Depuis le début de la vague de chaleur historique en France, les consultations vétérinaires augmentent fortement pour des cas de coup de chaleur chez les chiens et les chats. Le vétérinaire Rodolphe Lesauvage, de Vetoadom, intervient en région parisienne pour une jeune chatte en surpoids nommée Cléo, qui halète, boit peu et s'énerve. « Si on n'était pas intervenu, il était fort probable que dans les prochaines 24 heures sa température continue d'augmenter, son effort respiratoire continue d'augmenter et qu'il y ait des complications », explique-t-il.
Des symptômes qui s'aggravent rapidement
Quand la température devient extrême, « on a des organes qui commencent à ne plus bien fonctionner, à être abîmés, on peut avoir des fortes diarrhées hémorragiques, une hémorragie abdominale, une crise cardiaque », détaille le vétérinaire. Les chats, souvent moins sujets au coup de chaud, sont touchés après plusieurs jours de chaleur et une déshydratation progressive. Pour les chiens, les cas surviennent surtout les deux premiers jours, avant que les propriétaires n'adoptent les bons réflexes.
Les populations les plus vulnérables
Les chiots, chatons, animaux obèses ou âgés, et ceux au nez écrasé (brachycéphales) comme les bouledogues sont particulièrement sensibles. « En un quart d'heure, un bouledogue peut mourir d'un coup de chaleur », prévient M. Lesauvage. Le chien halète fortement, bave, a les gencives pâles, est désorienté. L'urgence est de le refroidir dans un endroit frais, mouiller ses extrémités puis envelopper son corps dans une serviette humide, et consulter un vétérinaire si la température ne baisse pas.
Une mortalité en hausse de 10 %
Depuis le début de la canicule le 17 juin, le 3115 Urgences vétérinaires, dont fait partie Vetoadom, constate « une augmentation de près de 10 % de la mortalité chez les animaux pris en charge en urgence par rapport à la même période l'an dernier ». « Un coup de chaleur est mortel dans un cas sur deux », affirme Suzy Valentin, vétérinaire à Versailles. Certains animaux décèdent avant même d'avoir vu un vétérinaire.
Des gestes simples pour prévenir
Natacha L'Huillier, maîtresse de la chatte Chi hospitalisée il y a deux ans, a depuis adopté des réflexes : volets fermés, points d'eau dans plusieurs pièces, tapis réfrigérant et alimentation humide. Lorsque Chi a commencé à respirer très vite, elle lui a mouillé les pattes et la tête avec un gant de toilette et l'a placée dans la seule pièce fraîche. « J'ai acheté une clim pour les chats, ça sert à tout le monde ! », lance-t-elle. Grâce à ces gestes, la chatte a retrouvé sa température corporelle avant l'arrivée du vétérinaire.
« La majorité des cas ont lieu par manque de prévention », souligne M. Lesauvage. Il compare avec la Corse où il a travaillé : « Il était très rare de soigner un animal pour un coup de chaud, ils avaient l'habitude de cette situation. » Avec le réchauffement climatique, les canicules s'intensifient et se répètent, rendant la prévention essentielle.



