Interdiction des aliments au CBD en France : colère des professionnels
Aliments CBD interdits en France : professionnels en colère

Interdiction des aliments au CBD en France : colère et inquiétude

Depuis le 15 mai 2026, les produits alimentaires contenant du CBD, tels que les bonbons, les chewing-gums, les tisanes et les compléments alimentaires, ne sont plus autorisés à la vente en France. Cette décision, prise par la Direction générale de l'alimentation, met fin à une période de tolérance qui durait depuis plusieurs années. Elle s'appuie sur le règlement européen relatif aux nouveaux aliments, qui exige une autorisation « Novel Food » délivrée par l'Union européenne, autorisation que ces produits ne possèdent pas actuellement.

Un secteur bouleversé

Cette interdiction totale bouleverse un secteur en pleine expansion. L'UPCBD (Union des professionnels du CBD) dénonce une fragilisation de la filière, avec 35 000 emplois directs menacés en France et 40 % du marché sacrifié. Le syndicat privilégie pour l'instant la voie diplomatique pour faire entendre raison aux autorités, mais les boutiques doivent se conformer à la réglementation. Des contrôles sont annoncés par les autorités.

Témoignages de commerçants

Chez Tatie Shop, avenue Marcellin-Maurel à Vence, le grand ménage a été fait. « Ça a été plutôt soudain, les clients ont été surpris », indique Liv, employée depuis un an. Désormais, seules les fleurs (contenant moins de 0,3 % de THC), les e-liquides et les cosmétiques sont autorisés à la vente. « Certains habitués venaient uniquement pour ce type de produits. Alors oui, c'est évident qu'ils vont se tourner vers Internet pour trouver ce dont ils ont besoin. »

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Un professionnel installé dans la métropole niçoise exprime sa frustration : « C'est toujours un manque à gagner. On a l'impression d'être toujours pris pour des boucs émissaires. C'est facile de nous taper dessus, on est commerçants, on paie nos charges, on sait où nous trouver. » Il a ouvert son entreprise il y a quatre ans et a connu plusieurs changements réglementaires. Selon lui, la stigmatisation liée au cannabis persiste : « Même si le CBD est légal, on a toujours la sensation que nous ne sommes pas vraiment des travailleurs comme les autres. Les mentalités mettent du temps à évoluer. »

Consommateurs déçus

Sasha, 37 ans, habitant de Cagnes-sur-Mer, consomme du CBD depuis cinq ans. « Moi je fume essentiellement les fleurs. Mais j'ai déjà pris des gummies pour l'endormissement et ça m'avait bien aidé. Je les ai même achetées à ma mère qui n'était pas trop pour au début… Jusqu'à ce qu'elle voie les effets. Mais quand elle va savoir que c'est interdit à la vente, elle va changer d'avis, c'est certain. Elle va tout jeter ! C'est ça qui est dommage, on retourne un peu en arrière, en fait… »

Conséquences fiscales

Pour Martine Hublet, gérante de la boutique Dr. Smoke, avenue Colonel-Meyere à Vence, cette annonce de contrôles est aussi l'occasion de clarifier la fiscalité. « Les produits alimentaires bénéficiaient d'une TVA de 5,5 %. Là, c'est clair, les fleurs doivent afficher un taux de 20 %. » Pendant plusieurs années, un flou régnait dans le secteur, les fleurs pouvant être assimilées à de l'alimentation ou à un produit végétal brut. L'administration fiscale a désormais cadré les choses. « Mais cela ne veut pas dire que l'on doit afficher des prix mirobolants », nuance la commerçante, qui assure qu'elle « fera toujours en sorte de garder des tarifs raisonnables. »

Appel à un moratoire

La Confédération paysanne a adressé une lettre ouverte à la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, dénonçant une décision qui « laisse des milliers de personnes dans le plus grand flou économique ». L'organisation dénonce l'absence de dialogue avec le ministère et réclame l'ouverture rapide de discussions avec l'ensemble des acteurs du secteur, ainsi qu'« un moratoire assorti d'une suspension des contrôles et des sanctions ». Un recours juridique a également été déposé devant le Conseil d'État par des structures représentant les professionnels de la filière.

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