Béranger Aubanel : la nouvelle charte des manadiers renforce la protection animale
Nouvelle charte des manadiers : protection animale renforcée

Alors que la saison estivale des fêtes votives débute, la Fédération des manadiers a renforcé sa charte pour mieux protéger les taureaux. Béranger Aubanel, vice-président de la fédération, détaille les changements et leurs implications dans un entretien à Midi Libre.

Une préparation de longue haleine

La saison taurine a commencé début mars, après un travail de préparation qui s'étend de l'automne au printemps. « On met les taureaux dans les prés d'hiver pendant trois mois, puis les traitements et soins sont effectués sur les animaux », explique Aubanel. Les taureaux, les chevaux et les cavaliers sont entraînés progressivement jusqu'à la montée en puissance en juin, juillet et août, avant de ralentir jusqu'en novembre. Les deux manades Aubanel sont sollicitées pour de grandes fêtes votives comme Aimargues ou Lunel.

Une charte durcie pour le bien-être animal

La charte, qui existe depuis 1973 et a été révisée six fois, s'est récemment « endurcie sur le bien-être animal », selon Aubanel. « C'est un outil de prévention pour que le public comprenne qu'un taureau ne doit pas être malmené. C'est un sportif, il veut évoluer sur un parcours. Il y a des manières de le respecter et c'est cela qui manque de nos jours. » Désormais, « quelqu'un qui fait du mal à un animal est verbalisable. »

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Le problème de l'intégrité de l'animal se pose notamment chez les jeunes participants. « Certains jeunes attrapent proprement le taureau en le relâchant mais d'autres veulent briller au péril de l'animal », constate Aubanel. « Si la majorité des gens pensent qu'il ne faut pas respecter le taureau, la fête s'arrêtera. »

Des changements de comportement observés

La révision de la charte fait suite aux accidents de l'année précédente, où deux victimes sur quatre attrapaient les taureaux et les deux autres se trouvaient sur le parcours. Depuis son adoption, Aubanel note des améliorations : « Il y a des endroits où les gens viennent nous voir et nous demandent l'autorisation de toucher le taureau. Je trouve qu'il y a une sorte de respect qui s'installe et parfois, les gens n'attrapent pas du tout. »

Chaque village réadapte la charte à sa manière de fonctionner, mais « il y a quand même eu de nettes améliorations », affirme-t-il. « Nous les manadiers, avons tous voulu ce texte pour tenter de préserver les traditions dans de bonnes conditions. »

Vers une reconnaissance législative

La deuxième version de la charte est désormais approuvée par l'État, un point important selon Aubanel. « Elle va bientôt servir pour le projet de loi qui va être proposé bientôt », précise-t-il, soulignant l'impact potentiel de cette charte sur la législation à venir.

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