À Gallargues-le-Montueux (Gard), l’entreprise Les Ruchers d’Aurelius propose aux entreprises et aux particuliers de financer la création de nouvelles colonies d’abeilles. Pour 85 € par mois et par ruche, les adoptants reçoivent 10 kg de miel par an, mis en pot avec leur logo, ainsi que des séances d’initiation pour leurs salariés. L’objectif est de répondre à la mortalité importante des abeilles et de favoriser leur réimplantation.
Un ancien gendarme devenu apiculteur
Luc Antkowiak, ancien gendarme lunellois, a transformé sa passion d’amateur en métier il y a trois ans. Il se rend régulièrement au chevet de ses ruches, vêtu de sa combinaison blanche, et veille sur ses abeilles avec attention. Ses ruches sont installées dans un coin tranquille de garrigue, à Notre-Dame-de-Londres, près du pic Saint-Loup.
Cette année, la récolte a été contrastée : « On a eu une très bonne récolte de printemps mais quasiment nulle en été, constate Luc. On va tourner cette année à 7,5 kg de miel par ruche au lieu de 10. » La sécheresse estivale a en effet frappé les insectes, qui ont manqué de fleurs et d’eau.
Des ruches fragilisées par la sécheresse et les maladies
Pour aider les abeilles à survivre, Luc Antkowiak a installé deux abreuvoirs garnis de flotteurs en liège. « L’eau leur permet d’assurer la fonction de climatisation de la ruche avec leurs ailes et de réguler la température intérieure en permanence entre 28 et 30 degrés », explique-t-il. Il a aussi dû les nourrir avec du sirop sucré, faute de fleurs suffisantes, en plus de la hausse de miel laissée fin juin.
Les abeilles noires (apis mellifera) sont particulièrement sensibles aux attaques de l’acarien varroa, qui s’attaque aux larves et doit être traité. L’apiculteur doit également faire face aux maladies liées à l’humidité, aux pesticides et au phénomène d’effondrement, où des ruches se vident du jour au lendemain sans explication. « On avait évoqué le développement des téléphones portables car les abeilles sont de vrais GPS, sensibles aux ondes, mais ça ne semble pas être l’explication », glisse Luc.
Un geste utile pour tout l’écosystème
Pour repeupler une ruche, il faut compter environ 160 € pour un essaim. Avec une cinquantaine de ruches, Luc Antkowiak espère susciter d’autres vocations. « C’est un geste utile pour tout l’écosystème quand vous voyez que des arboriculteurs de petite Camargue font venir des ruches parfois de très loin et que des maraîchers achètent des bourdons pour polliniser leurs cultures. Participer à notre échelle, ça a du sens », conclut-il.