Dans une tribune publiée le 11 août 2026 dans Le Monde, un collectif de scientifiques et de représentants d'associations appelle à planifier rapidement la fermeture des élevages intensifs. Selon eux, cette mesure est indispensable pour répondre à l'urgence climatique et sanitaire, et elle doit être anticipée pour éviter des crises économiques et sociales.
Un constat alarmant sur l'impact des élevages intensifs
Les signataires rappellent que les élevages intensifs sont responsables de 14,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon les données de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Ils soulignent également que ces élevages sont des vecteurs majeurs de maladies zoonotiques, comme en témoignent les récentes épidémies. La tribune insiste sur le fait que la France compte encore près de 1,2 million de porcs et plus de 800 000 bovins en élevage intensif, selon les chiffres du ministère de l'Agriculture.
Une nécessaire transition planifiée
Les auteurs plaident pour une planification à l'échelle nationale, avec un calendrier précis et des mesures d'accompagnement pour les éleveurs. Ils proposent notamment des aides à la reconversion vers des modèles d'élevage extensifs ou vers l'agriculture biologique, ainsi que des dispositifs de formation et de reclassement pour les salariés du secteur. Selon eux, une telle transition doit être menée de manière progressive, sur une période de dix à quinze ans, afin de laisser le temps aux acteurs de s'adapter.
Des réticences économiques et sociales à surmonter
Les signataires reconnaissent que cette transition suscite des réticences, notamment de la part des syndicats agricoles et de certaines filières. Ils citent l'exemple de la filière porcine en Bretagne, où la fermeture des élevages intensifs pourrait entraîner la perte de plusieurs milliers d'emplois directs et indirects. Cependant, ils estiment que l'inaction serait plus coûteuse à long terme, tant sur le plan sanitaire que climatique. Ils appellent donc à un débat public et à une concertation avec l'ensemble des parties prenantes.
Des exemples européens encourageants
La tribune met en avant des exemples européens, comme les Pays-Bas, qui ont déjà mis en place des programmes de réduction des élevages intensifs, avec des résultats significatifs sur la qualité de l'air et la biodiversité. Elle souligne également que plusieurs grandes surfaces françaises ont annoncé vouloir réduire la part de viande issue d'élevages intensifs dans leurs rayons d'ici 2030. Ces initiatives montrent, selon les auteurs, qu'une évolution est possible et souhaitable.
En conclusion, les signataires appellent le gouvernement à lancer rapidement une mission de planification sur ce sujet, avec des objectifs chiffrés et un calendrier clair. Ils estiment que la fermeture des élevages intensifs est un levier majeur pour atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050 et pour prévenir les futures pandémies. Ils insistent sur la nécessité d'agir dès maintenant, avant que les crises ne deviennent incontrôlables.



