Une alimentation biologique et davantage végétale serait bénéfique à la fois pour l'environnement et pour la santé humaine. C'est la conclusion d'une étude menée par des chercheurs de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE), publiée le 23 août 2026 dans la revue Nature Sustainability. Les résultats montrent que ce type de régime pourrait réduire de près de 50 % l'impact environnemental lié à l'alimentation, tout en diminuant de 20 % le risque de mortalité toutes causes confondues.
Une modélisation de l'impact alimentaire
Les scientifiques ont analysé les données de plus de 400 000 participants issus de la cohorte européenne EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition). Ils ont modélisé l'impact environnemental de différents régimes alimentaires, en tenant compte de la production, du transport et de la consommation des aliments. Ils ont ensuite croisé ces données avec les habitudes alimentaires réelles des participants, suivis pendant plus de vingt ans.
Les régimes riches en produits bio et en végétaux (fruits, légumes, céréales complètes, légumineuses) ont été associés à une réduction significative des émissions de gaz à effet de serre, de l'utilisation des terres et de la consommation d'eau. En parallèle, les personnes suivant ce type d'alimentation présentaient un risque plus faible de maladies cardiovasculaires, de cancers et de diabète de type 2.
Des bénéfices cumulés et non contradictoires
L'étude souligne que les bénéfices environnementaux et sanitaires ne sont pas contradictoires, mais au contraire cumulables. « Nous avons constaté que les régimes les plus bénéfiques pour la santé étaient aussi ceux qui avaient le plus faible impact environnemental », explique Louise Seconda, première autrice de l'étude et chercheuse à l'INRAE. « Cela va à l'encontre de l'idée reçue selon laquelle manger sain coûterait plus cher à la planète. »
Les chercheurs ont également pris en compte la qualité nutritionnelle des aliments, notamment leur teneur en fibres, en vitamines et en minéraux. Ils ont observé que les régimes bio et végétaux étaient plus riches en nutriments essentiels et moins riches en additifs et en résidus de pesticides, ce qui pourrait expliquer en partie les effets positifs sur la santé.
Des recommandations pour les politiques publiques
Les auteurs de l'étude estiment que ces résultats pourraient éclairer les futures recommandations nutritionnelles nationales. Ils plaident pour une prise en compte conjointe des enjeux de santé et d'environnement dans les politiques alimentaires, par exemple en favorisant l'approvisionnement en produits bio dans les cantines scolaires ou en encourageant la consommation de légumineuses.
« Il ne s'agit pas de dire que tout le monde doit devenir végétalien, mais de montrer qu'un rééquilibrage vers plus de végétaux et de produits bio est possible et bénéfique », précise Louise Seconda. « Même une transition partielle pourrait avoir des effets notables. »
Les chercheurs rappellent que ces résultats sont issus d'études observationnelles et qu'ils ne démontrent pas formellement un lien de cause à effet. Cependant, la cohérence des données et la taille de l'échantillon renforcent la crédibilité de leurs conclusions. Ils appellent à poursuivre les recherches pour affiner les recommandations, notamment en fonction des contextes locaux et des saisons.



