Totalitarisme numérique en Russie : le contrôle s'intensifie en 2026
Totalitarisme numérique : la Russie renforce son emprise

En Russie, les pratiques du pouvoir évoluent vers un totalitarisme numérique, réduisant l'espace de liberté des citoyens. L'année 2026 a pris les Russes au dépourvu avec de nouvelles restrictions dans la sphère numérique. L'Agence russe de surveillance des télécommunications a commencé à bloquer l'une des messageries les plus populaires, Telegram. Son créateur, Pavel Durov, a refusé de supprimer des contenus qui contredisent les narratifs des autorités russes, ce qui a conduit le tribunal, en février, à infliger à Telegram une amende de 10,8 millions de roubles (119 500 euros). Une procédure pénale a également été engagée contre Durov pour complicité de terrorisme.

Une répression numérique sans précédent

Contrairement à la législation française, dans le cadre de laquelle Durov a été mis en examen, en Russie la liste des terroristes et extrémistes inclut des opposants politiques tels que Alexeï Navalny, assassiné, ainsi que l'Anti-Corruption Foundation, l'entreprise Meta (Facebook, Instagram) et de nombreux journalistes et blogueurs. Telegram a subi le même sort que d'autres ressources étrangères, telles que WhatsApp, Facebook, Instagram et YouTube. L'accès à celles-ci n'est possible qu'à l'aide de moyens de contournement des blocages, tels que le VPN (réseau privé virtuel), contre lesquels l'État lutte activement.

La guerre contre les VPN s'intensifie

En janvier 2026, l'Agence russe de surveillance des télécommunications a déclaré avoir restreint l'accès à 439 VPN. Fin février, ce chiffre est passé à 469. En avril, les autorités ont lancé une nouvelle offensive contre les VPN. À la demande du ministère du Développement numérique, depuis le 14 avril, les plus grands services russes ont bloqué l'accès à leurs plateformes pour les utilisateurs situés en Russie utilisant un VPN. Les services de Yandex (l'équivalent de Google), VK (l'équivalent de Facebook), les applications bancaires, le portail des services publics (Gosuslugi), les places de marché et les applications de magasins ont cessé de s'ouvrir. Les utilisateurs voient s'afficher le message : « Il se peut que vous deviez désactiver votre VPN » ou « Accès limité ».

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L'Internet russe sous la tutelle du FSB

Selon le média indépendant The Bell, l'Internet russe est désormais sous la tutelle du Service fédéral de sécurité (FSB), qui est à l'origine de ces dernières restrictions et surveille les acteurs du marché des services numériques. Fin février, Poutine a également signé une loi introduisant des amendements qui accordent au FSB le droit d'exiger des opérateurs de télécommunications la coupure d'Internet en tout lieu et pour toute durée, dans le cadre d'actes juridiques du président ou du gouvernement. Dans les régions, Internet est régulièrement coupé pour lutter contre les drones, mais l'exemple de l'Iran a montré comment ces coupures peuvent servir à réprimer des manifestations et dissimuler des massacres. Par ailleurs, les dirigeants du FSB et du ministère de la Défense ont fait leur entrée en février dans une commission créée sur ordre de Poutine pour suivre le développement de l'intelligence artificielle russe, déjà utilisée pour la censure et la surveillance des citoyens au moyen de centaines de milliers de caméras.

Vers un totalitarisme numérique

L'ensemble de ces mesures juridiques, techniques, informationnelles et violentes vise un objectif principal : instaurer un contrôle total de la population afin de préserver le pouvoir de Vladimir Poutine. Alors que dans les pays occidentaux certains philosophes s'inquiètent du capitalisme de surveillance des grandes entreprises technologiques, principalement préoccupées par la monétisation des données des utilisateurs, en Russie, les pratiques de surveillance numérique fusionnent avec les répressions étatiques classiques, la censure et une propagande puissante, évoluant vers un totalitarisme numérique. Depuis le début de la guerre en Ukraine, le pouvoir de Poutine devient de plus en plus total : il s'étend à de nouvelles sphères de la vie des citoyens dans lesquelles il n'intervenait pas auparavant, réduisant davantage l'espace de liberté, y compris la souveraineté numérique des citoyens.

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