Saint-Denis : un grand rassemblement contre le racisme samedi, appelé par le maire Insoumis
Rassemblement antiraciste à Saint-Denis samedi, appel du maire Insoumis

Un rassemblement d'ampleur contre le racisme organisé à Saint-Denis

Un grand rassemblement citoyen contre le racisme se tiendra samedi après-midi sur le parvis de la mairie de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. Cet événement est organisé à l'appel de Bally Bagayoko, le nouveau maire Insoumis de la ville, qui subit depuis son élection une campagne de haine et des attaques personnelles.

Une mobilisation politique et associative importante

De nombreuses personnalités politiques de gauche ont répondu favorablement à cet appel, notamment les Insoumis Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et Sophia Chikirou, l'écologiste Marine Tondelier, ainsi qu'une délégation socialiste. Des syndicats et des associations participeront également à cette manifestation qui débutera à 14h00 devant la mairie de la deuxième plus grande ville d'Île-de-France après Paris.

Bally Bagayoko a déclaré sur France Info que « la cause que nous défendons est au-dessus des divergences politiques », répondant ainsi à ceux qui hésitent à s'afficher aux côtés de La France insoumise. Le maire attend entre 10 000 et 20 000 participants, bien que plusieurs partis politiques devraient briller par leur absence.

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L'origine de la mobilisation : des propos polémiques sur CNews

Le maire, d'origine malienne, avait lancé l'appel à ce rassemblement dimanche dernier sur Instagram, suite à plusieurs propos polémiques le visant sur la chaîne CNews. Les 27 et 28 mars, sur cette chaîne, des liens ont été faits entre monsieur Bagayoko et « la famille des grands singes », et une attitude de « mâle dominant » lui a été reprochée.

CNews conteste « formellement que de quelconques propos racistes aient été tenus » sur son antenne, estimant que des propos ont été « délibérément déformés sur les réseaux sociaux ». Cependant, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion » suite au dépôt de plainte de l'élu.

Réactions politiques et soutiens gouvernementaux

Interrogé sur l'absence de la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé, Bally Bagayoko a jugé que « s'il y a une ministre qui aurait dû être là, c'est bien elle », tout en la remerciant pour sa solidarité téléphonique. Le maire a également appelé à fermer la chaîne CNews lors d'un entretien avec l'AFP.

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a qualifié les propos tenus sur CNews de « ignobles » et « absolument inacceptables », tandis que le préfet s'est constitué partie civile comme l'avait demandé le Premier ministre Sébastien Lecornu. Bally Bagayoko a estimé que ces soutiens gouvernementaux étaient « toujours appréciables », bien qu'arrivés « relativement tard ».

Un contexte politique local tendu

Les premiers pas de Bally Bagayoko, élu dès le premier tour face au maire socialiste sortant Mathieu Hanotin, ont été particulièrement scrutés et critiqués. Après un premier conseil municipal houleux où l'ancien maire et ses colistiers ont été copieusement hués, plusieurs responsables politiques se sont indignés de l'atmosphère observée dans plusieurs villes remportées par des candidats LFI ou divers gauche.

Le gouvernement avait également pointé du doigt monsieur Bagayoko pour avoir déclaré à CNews que « les fonctionnaires sont avant tout des gens qui répondent en fait à une commande politique ». Malgré ces tensions, le maire insiste sur l'importance de dépasser les clivages politiques pour lutter contre toutes les formes de discrimination.

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