Une mobilisation citoyenne pour la défense de l'environnement et de la démocratie
Ce vendredi 17 avril, une vingtaine de militants écologistes ont mené une action symbolique devant le Grand-Théâtre de Bordeaux. Cette nouvelle manifestation s'inscrit dans le cadre de l'opposition au projet Emme, qui prévoit l'implantation d'une usine de conversion de nickel et de cobalt dans les communes de Parempuyre et de Blanquefort, en bordure de la Garonne.
Un projet industriel controversé en zone inondable
Les riverains du collectif du Bois vert, soutenus par des associations écologistes, ont brandi des pancartes mettant en garde contre les dangers des polluants éternels que pourrait générer cette installation. Le site, classé Seveso, est situé en zone inondable, ce qui accroît les risques environnementaux. Les slogans interpellent directement les élus et le préfet de la Gironde, Étienne Guyot, les appelant à assumer leurs responsabilités.
Un déni de démocratie dénoncé par les associations
Florence Bougault, administratrice de la Sepanso Gironde, dénonce un déni de démocratie. En effet, la date limite du 17 avril à minuit marquait l'échéance pour les élus de la Métropole de se prononcer sur l'enquête publique, clôturée le 17 février, et sur le projet de modification du Plan local d'urbanisme intercommunal (PLUI). Sans avis, l'accord serait considéré comme tacite, permettant au préfet de modifier le PLUI par arrêté.
Il y a deux mois, la présidente PS de la Métropole, Christine Bost, avait pourtant demandé un délai au préfet afin que le nouveau conseil communautaire, issu des élections et qui se réunira le 24 avril, puisse débattre et voter. À ce jour, cette requête est restée sans réponse, alimentant les craintes d'un passage en force de l'État.
Une opposition locale unanime mais ignorée
Les trois municipalités directement concernées – Blanquefort, Saint-Louis-de-Montferrand et Parempuyre – se sont toutes prononcées contre le projet. Henri Lagarrigue, le nouveau maire LR de Parempuyre, rejoint ainsi les élus des autres communes dans son opposition. Les habitants ont voté pour des élus qui se sont positionnés contre un projet qu'on leur impose, rappellent les militants, soulignant le paradoxe démocratique.
Mardi dernier, une délégation s'était rendue devant l'hôtel de ville de Bordeaux pour demander au nouveau maire, Thomas Cazenave, de prendre position. Là encore, aucun retour n'a été obtenu, ce qui renforce le sentiment d'impuissance des citoyens.
Un appel urgent des élus écologistes
Jeudi 16 avril, le groupe écologiste de la Métropole a publié un communiqué pressant le préfet de permettre la tenue d'un vote. Les élus estiment que contourner cette étape contrevient au principe même de la démocratie locale. Ils insistent sur la nécessité de respecter les procédures participatives, surtout pour un projet aux implications aussi lourdes.
Cette mobilisation met en lumière les tensions entre développement industriel, protection environnementale et respect des processus démocratiques. Les militants restent vigilants et déterminés à faire entendre leur voix jusqu'à ce qu'un débat transparent soit organisé.



