Un collectif environnemental interpelle les candidats aux municipales
Dans le Parc naturel régional du Haut-Languedoc, un collectif d'associations environnementales nommé 'Toutes nos énergies' exerce une pression significative sur les candidats aux élections municipales. L'enjeu concerne la future charte du parc pour la période 2028-2043, qui prévoit une expansion substantielle des installations d'énergies renouvelables, notamment des éoliennes et des centrales photovoltaïques.
Des engagements précis exigés
Le collectif demande aux candidats de s'engager sur plusieurs points clés :
- Maintien de la hauteur maximale des éoliennes à 125 mètres
- Limitation à 300 éoliennes au maximum sur le territoire
- Développement restreint du photovoltaïque au sol, en privilégiant les toits des bâtiments existants ou les sols déjà artificialisés
- Contrôle strict de la taille et du nombre des sites de méthanisation agro-industrielle
Michèle Solans, co-secrétaire du collectif, souligne l'urgence de la situation : 'La nouvelle mouture de la charte n'est pas du tout à notre goût. Ils envisagent d'autoriser des éoliennes de 150 mètres et de développer 900 hectares de photovoltaïque, contre seulement 85 aujourd'hui, avec même des parcs solaires flottants sur plans d'eau.'
Une mission environnementale rappelée
Le collectif insiste sur le fait que la mission fondamentale du parc n'est pas la production d'électricité, mais bien la protection de l'environnement. Cette position s'appuie sur un constat : le PNR du Haut-Languedoc est déjà le plus grand contributeur d'énergie éolienne d'Occitanie et le principal producteur d'énergie photovoltaïque parmi tous les parcs naturels régionaux de la zone.
En 2021, le parc a généré 2 249 GWh d'énergie, marquant une augmentation de 23% sur la période 2013-2021 et dépassant ainsi ses objectifs de 20%. Dès cette époque, le Conseil national de protection de la nature s'interrogeait sur la pertinence de poursuivre ce développement, alertant sur l'impact négatif croissant sur la biodiversité.
Pressions étatiques et décisions controversées
Les élus du parc, réunis en février 2025, avaient initialement adopté des 'critères d'encadrement' plus stricts pour la production énergétique. Cependant, ils ont été rapidement 'recadrés' par les représentants de l'État. Dans une lettre ferme, les préfets du Tarn et de l'Hérault ont rappelé que ces restrictions ne s'inscrivaient pas dans les objectifs nationaux ambitieux pour le développement des énergies renouvelables.
Concernant spécifiquement les éoliennes, le ton était particulièrement comminatoire : 'Le maintien du plafond de 300 éoliennes autorisées alors que celui-ci va être atteint dans les prochaines semaines reste discutable. Par contre, le maintien d'une hauteur maximale à 125 mètres n'est pas admissible.'
Un parc en pleine mutation
Créé en 1973, le Parc naturel régional du Haut-Languedoc est l'un des premiers de France. Il regroupe aujourd'hui 117 communes sur 307 000 hectares, abritant près de 90 000 habitants. Huit nouvelles communes héraultaises pourraient le rejoindre en 2028, étendant encore son territoire et ses responsabilités.
Sophie Emont, en charge du dossier au sein du PNR, précise : 'Nous sommes à la fin de la phase de concertation, et nous attendons la validation des autorités préfectorales et des ministères concernés.' Effectivement, c'est bien l'État qui aura le dernier mot sur l'orientation future du parc.
Des précédents encourageants
Michèle Solans refuse cependant toute fatalité et cite des exemples positifs : 'Le PNR de l'Aubrac, dans sa nouvelle charte, a obtenu l'interdiction de toute installation industrielle ; celui des Corbières n'aura pas de nouvelles éoliennes. Si le Parc se bat pour la préservation de l'environnement, ce qui est sa mission première, les choses peuvent encore évoluer.'
Une forêt sous surveillance
Parallèlement à ces débats énergétiques, une autre ressource du parc préoccupe les autorités : la forêt. Après les passages des tempêtes Nils et Pedro en février dernier, l'accès aux massifs forestiers touchés reste réglementé. Les parcelles avec arbres couchés sont interdites d'accès, tandis que d'autres zones ont été réouvertes avec des précautions strictes.
L'Hérault a été le département le plus impacté par ces tempêtes, avec des dégâts considérables dans le massif de l'Espinouse. Environ 300 000 m³ de bois doivent être ramassés, soit l'équivalent de trois années moyennes de récolte. Guylaine Archevêque, directrice de l'agence ONF Hérault-Gard, rappelle que 'la très grande majorité des arbres qui barraient les chemins a été enlevée et exploitée', une activité réservée exclusivement aux professionnels.
Le feuilleton du Haut-Languedoc continue donc sur deux fronts : la préservation de ses paysages face au développement énergétique et la gestion de ses forêts après les intempéries. Les réponses des candidats aux municipales, qui seront publiées le 12 mars, donneront une première indication de l'orientation que prendront les communes concernées.



